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La région du Moronou est de nouveau en deuil. Moins d’un mois après la mort accidentelle de DJ Aparango, le monde artistique local est frappé par une nouvelle disparition. La chantre Nina Bindé, originaire de Krégbé, est décédée le dimanche 11 octobre 2026 à Abidjan, après plusieurs semaines de lutte contre la maladie. Malgré les interventions chirurgicales et les élans de solidarité mobilisés pour tenter de la sauver, l’artiste n’a pas survécu.
La nouvelle a plongé ses proches, ses admirateurs et les acteurs culturels du Moronou dans la consternation. Connue pour son engagement dans le chant religieux, Nina Bindé laisse derrière elle trois enfants et une famille confrontée à une douloureuse épreuve.
Une prise en charge médicale éprouvante
Selon un proche de la défunte, la chantre souffrait de colopathie. Son état de santé avait nécessité une première prise en charge à l’hôpital général de Bongouanou, où elle aurait subi trois interventions chirurgicales.
« Elle était malade il y a environ un mois et on l’a hospitalisée à Bongouanou. On l’a opérée trois fois. Elle souffrait de colopathie », a-t-il expliqué.
Mais face à l’évolution de la maladie et aux difficultés financières liées aux soins, des artistes originaires du Moronou ont décidé de se mobiliser. Leur démarche visait notamment à solliciter l’aide des cadres de la région et des personnes de bonne volonté.
« Vu que ça n’allait pas, on a essayé de se réunir pour lancer un SOS pour que les cadres du Moronou nous aident », a confié ce proche.
Cet appel à la solidarité a notamment été suivi d’une contribution d’Affoumani Mathias, un cadre originaire de Krégbé, qui aurait apporté un million de francs CFA pour soutenir la prise en charge médicale de l’artiste.
Des soutiens financiers, mais une issue tragique
La mobilisation s’est poursuivie avec l’intervention du député d’Arrah, N’Guessan Ahondjon Mathias. Selon les témoignages recueillis auprès de proches de la défunte, celui-ci a demandé son évacuation sanitaire à Abidjan, dans l’espoir qu’elle puisse bénéficier de soins mieux adaptés à son état.
Une source proche de la chantre indique qu’une quatrième intervention chirurgicale a été réalisée dans une clinique de la capitale économique. Après une amélioration apparente, son état se serait de nouveau détérioré le lundi 5 octobre 2026.
Les frais liés à cette intervention et aux soins auraient atteint environ sept millions de francs CFA. Cette somme aurait été financée par le député d’Arrah, selon la même source.
Malgré les efforts consentis, Nina Bindé est décédée le dimanche 11 octobre. L’annonce a pris de court ses proches, dont certains se trouvaient encore à Abidjan pour suivre la situation et organiser les démarches consécutives à sa disparition.
Le monde artistique du Moronou à nouveau frappé
La disparition de Nina Bindé intervient dans un contexte particulièrement douloureux pour le Moronou. Le 17 septembre dernier, DJ Aparango, autre artiste originaire de cette région, avait perdu la vie dans un accident de la circulation à M’batto.
En l’espace de quelques semaines, deux artistes liés à ce territoire disparaissent ainsi, l’un dans un accident et l’autre à la suite d’une maladie.
Au-delà de l’émotion suscitée par ces décès, le cas de Nina Bindé souligne les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les artistes lorsqu’ils doivent faire face à des problèmes de santé nécessitant des soins coûteux. La mobilisation de leurs pairs et de certaines personnalités locales témoigne de l’importance des réseaux de solidarité, mais elle rappelle aussi la fragilité des personnes dont l’accès à une prise en charge médicale dépend, en partie, de contributions extérieures.
Pour sa famille, et notamment ses trois enfants, la disparition de la chantre laisse désormais un vide difficile à combler.
Ljp
