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A l’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire (UNARTCI), Ken Adamo et Aimond Williams ne se disputent plus seulement une présidence. Chacun cherche désormais à démontrer qu’il dispose d’une reconnaissance autour de lui. Reçus, ces derniers jours, par des personnalités distinstes issues de l’environnement institutionnel et culturel, ils ont donné une autre dimension à leur bras de fer, alors que le contentieux judiciaire sur la direction de l’Union reste ouvert.
La crise qui oppose les deux hommes a progressivement pris la forme d’une bataille de légitimité à plusieurs niveaux. Si le contentieux judiciaire reste le terrain principal, autour de lui se développe une autre confrontation, plus politique au sens institutionnel du terme. Notamment, celle des audiences, des soutiens, des réseaux et de la capacité de chaque camp, à apparaître comme l’interlocuteur légitime du monde artistique ivoirien.
Ken Adamo au ministère de la Communication
Le 16 septembre 2026, Ken Adamo a été reçu par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
Selon le compte rendu rendu public par le ministre, Ken Adamo lui a présenté les grandes lignes de l’actualité de l’UNARTCI. A savoir, un projet de tournée nationale de sensibilisation avec l’appui de sa tutelle, le ministère de la Culture et de la Francophonie.
Mais un élément donne à cette rencontre une résonance particulière dans le contexte actuel : Amadou Coulibaly a publiquement indiqué avoir « assuré Ken Adamo de son soutien ».
Il ne s’agit donc pas seulement d’une audience protocolaire. La déclaration du ministre constituant un élément concret du récit de légitimité défendu par le camp Ken Adamo.
Williams chez Sita Ouattara : une autre séquence symbolique qui attire l’attention, quelques jours plus tard.
Selon la publication consacrée à l’événement, Sita Ouattara, maire de Gbéléban, a reçu à son domicile à Abidjan une délégation de la rédaction du magazine « Les Valeurs de la République », conduite par son directeur de publication, Aimond Williams, présenté comme président de l’UNARTCI.
Cette rencontre ne peut toutefois pas être qualifiée automatiquement de soutien de Sita Ouattara à Williams dans le conflit qui oppose les deux camps. La source disponible présente d’abord l’audience comme une rencontre liée au magazine. Mais dans le contexte de la crise, le symbole ne peut être totalement ignoré.
Surtout que le camp Williams s’est également appuyé sur des figures du monde culturel. Le 1er septembre, Aimond Williams avait notamment été reçu par Bailly Spinto, présenté comme président du comité des sages de l’UNARTCI. Le doyen de la musique ivoirienne avait alors appelé à l’unité autour de la nouvelle direction.
Le 17 septembre, lors d’une cérémonie d’hommage au président Alassane Ouattara, à Bailly Spinto et à Thérèse Taba, des soutiens à Williams se sont encore exprimés publiquement.
Ces initiatives ne permettent pas de démontrer l’existence d’une stratégie concertée de conquête de soutiens. Elles montrent néanmoins que la bataille de la présidence se joue désormais aussi sur le terrain de la reconnaissance publique.
Le judiciaire au cœur de la confrontation dans une guerre de visibilité qui trouve son origine dans un contentieux toujours évolutif.
Aimond Williams avait été élu à la tête de l’UNARTCI en mai 2026. Le 26 juin, une ordonnance de référé lui avait été favorable, avec surtout des mesures concernant la représentation légale de l’organisation et les biens de l’Union.
Mais le camp Ken Adamo a ensuite contesté les effets de cette décision, invoquant une ordonnance de la Cour d’appel rendue le 20 août suspendant son exécution.
Le camp Williams défend pour sa part, une lecture différente de cette évolution judiciaire et considère que la suspension de l’exécution provisoire ne règle pas définitivement la question de la présidence.
Si la prochaine étape judiciaire permettra peut-être de clarifier la situation juridique, elle ne suffira pas nécessairement à réparer la fracture interne. La véritable prochain bataille étant, la capacité de l’UNARTCI à retrouver une voix commune, une fois la guerre du fauteuil présidentiel « terminée ».
Loba Perez
