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Orpaillage illégal : Abou Bamba intensifie la lutte et accélère la restauration des sites dégradés

ByÉquipe LeJourPile

Oct 18, 2026

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En tournée du 15 au 17 octobre 2026 dans le Gontougo, le Bounkani et l’Indénié-Djuablin, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a évalué les opérations de réhabilitation des sites affectés par l’orpaillage illégal. Il a également appelé à une surveillance accrue des espaces protégés et au respect strict des obligations environnementales par les entreprises minières.

La lutte contre l’orpaillage illégal ne se limite plus au démantèlement des sites clandestins. Elle implique également la remise en état des terres dégradées, la protection des espaces forestiers et la responsabilisation des acteurs impliqués. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a effectué une mission de terrain de trois jours dans l’Est et le Nord-Est de la Côte d’Ivoire.

Le jeudi 15 octobre, la délégation ministérielle s’est rendue à Tanda, dans la région du Gontougo, pour examiner l’avancement des travaux de réhabilitation des sites abandonnés par les orpailleurs illégaux. La visite a notamment concerné un projet pilote de dépollution de sites contaminés au cyanure, mis en œuvre avec l’appui de partenaires privés, dont Endeavour Mining et IVOS, sous la supervision des services techniques du ministère.

Malgré les opérations de déguerpissement, plusieurs sites présentent encore des risques pour l’environnement et la santé des populations. La présence potentielle de substances toxiques, notamment le cyanure et le mercure, ainsi que l’accumulation de déchets plastiques et métalliques, constitue un passif environnemental que les autorités entendent résorber progressivement.

Restaurer les terres et protéger les espaces forestiers

À Tanda, la mission a permis d’apprécier les opérations de sécurisation et de dépollution engagées dans le cadre du programme national de restauration des paysages dégradés. L’initiative vise notamment à mobiliser les compétences locales pour traiter les sites recensés et accompagner leur réhabilitation.

Le vendredi 16 octobre, le ministre a poursuivi sa tournée à Bouna, dans la région du Bounkani. Il y a rencontré les agents de la Direction de zone Nord-Est de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR). À cette occasion, 30 commandos forestiers ont reçu leurs diplômes, au terme d’un programme de renforcement de leurs capacités opérationnelles.

Abou Bamba les a exhortés à faire preuve de vigilance, de rigueur et de probité dans l’exercice de leurs missions. L’objectif est notamment d’empêcher les réseaux d’orpaillage clandestin de s’implanter dans les espaces forestiers protégés, en particulier le Parc national de la Comoé, qui constitue un patrimoine naturel majeur du pays.

La délégation a également visité un site d’exploitation minière légale de Kolo Mining International, à Niandégué. Cette étape visait à vérifier la conformité des installations et des activités de l’entreprise avec les exigences de la réglementation environnementale.

Le ministre a rappelé que les opérateurs miniers restent tenus de prévenir les atteintes à l’environnement et de réparer les dommages causés par leurs activités. « Tous ceux qui portent atteinte à la matrice environnementale devront assumer leurs responsabilités, procéder à la restauration des sites dégradés et à la réparation des dommages environnementaux causés par leurs activités, sous peine de poursuites pénales », a-t-il averti.

À Sankadiokro, les autorités promettent de poursuivre les opérations

Le samedi 17 octobre, la tournée ministérielle s’est achevée à Sankadiokro, dans la région de l’Indénié-Djuablin. Les sites visités y étaient abandonnés à la suite des actions conduites par le corps préfectoral, les autorités coutumières et les forces de défense et de sécurité.

Face aux populations, Abou Bamba a assuré que les opérations se poursuivraient afin d’interpeller les personnes impliquées dans l’orpaillage illégal et de les présenter à la justice. Il a également insisté sur la nécessité de s’attaquer aux réseaux qui soutiennent cette activité, notamment les financeurs, les personnes qui hébergent les exploitants clandestins et celles qui leur fournissent du matériel.

Le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de maintenir la pression sur ces réseaux, conformément aux orientations du chef de l’État et aux recommandations du Conseil national de sécurité.

« Nous ne fléchirons pas. Au contraire, nous allons renforcer notre détermination pour que, d’ici quelques mois, cette affaire d’orpaillage, du moins dans le village de Sankadiokro et dans d’autres départements, dans d’autres régions du pays, soit un lointain souvenir », a-t-il déclaré.

Au-delà de la lutte contre les exploitations clandestines, les autorités entendent permettre aux populations, particulièrement aux paysans, de reprendre leurs activités agricoles, de pêche et de tourisme dans des conditions plus sereines.

Cette tournée met ainsi en évidence un double impératif : empêcher la progression de l’orpaillage illégal et réparer les dommages déjà causés aux écosystèmes. La réussite de cette démarche dépendra de la continuité des opérations de surveillance, de l’application effective des sanctions et de la restauration durable des sites dégradés.

Sonia Coulibaly