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Après plusieurs années de mise en œuvre, le projet PASSAGE présente des résultats dans la formation sanitaire, la prévention des violences à caractère sexuel et l’amélioration des services de santé sensibles au genre. Réunis à Abidjan le jeudi 15 octobre 2026, les responsables de l’INFAS et leurs partenaires ont mis l’accent sur la consolidation des acquis.
Comment inscrire durablement les réformes engagées dans la formation des professionnels de santé en Côte d’Ivoire ? C’est l’une des principales questions soulevées lors de la réunion bilan du Projet d’appui à des services de santé adaptés au genre et équitables (PASSAGE), organisé autour de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS).
Lancé en 2021 avec le financement d’Affaires mondiales Canada, le programme associe des partenaires ivoiriens et canadiens, dont la Fédération des cégeps et le Cégep de Saint-Jérôme. Il vise notamment à améliorer l’accès des adolescentes et des jeunes femmes aux services de santé sexuelle et reproductive, tout en renforçant les compétences des futurs infirmiers et sages-femmes.
À l’occasion de cette rencontre, la directrice générale de l’INFAS, la professeure Méliane N’Dhatz-Egbagnitchié épouse Sanogo, a mis en avant plusieurs évolutions intervenues au sein de l’établissement. La révision des programmes de formation, l’introduction de méthodes pédagogiques renouvelées et le renforcement des équipements de travaux pratiques figurent parmi les acquis présentés.
Pour la responsable, ces changements ne pourront produire pleinement leurs effets que s’ils se poursuivent au-delà du projet. « La fin d’un projet n’est pas un point final, mais le point de départ de la pérennisation de ses meilleures pratiques », a-t-elle déclaré, insistant sur la responsabilité de l’Institut dans la continuité des actions.
Une politique institutionnelle contre les violences à caractère sexuel
Au-delà des évolutions pédagogiques, l’élaboration d’une politique de prévention et de lutte contre les violences à caractère sexuel (VACS) constitue l’un des résultats mis en avant. Cette politique doit contribuer à structurer les mesures de prévention, le traitement des situations signalées et l’orientation des personnes concernées.
Le directeur du projet PASSAGE, Axel Alliez, a souligné que cette initiative allait au-delà des objectifs de départ. Il a également relevé les efforts entrepris pour mettre en place un système d’amélioration continue de la qualité, afin de renforcer les enseignements et les conditions d’apprentissage.
Il a toutefois rappelé que l’efficacité d’un établissement de formation ne se juge pas uniquement à ses moyens matériels. La qualité de l’enseignement doit aussi s’apprécier à travers le parcours des diplômés, leur épanouissement professionnel et la pertinence des compétences acquises au regard des emplois occupés.
Le partenariat canado-ivoirien à l’épreuve de la durée
Pour Jacinthe Gagnon, directrice des affaires internationales de la Fédération des cégeps, les résultats présentés témoignent de l’engagement conjoint des équipes canadiennes et ivoiriennes. Elle a notamment salué la mobilisation des acteurs locaux en faveur de l’évolution des pratiques liées à la santé sexuelle en Côte d’Ivoire.
Cette coopération privilégie l’adaptation des expériences aux besoins du terrain plutôt que leur reproduction systématique. Les pratiques jugées pertinentes doivent ainsi être ajustées au contexte et aux capacités de l’INFAS.
Dans cette dynamique, une délégation de l’Institut se rendra au Canada du 7 au 21 novembre 2026 pour une mission d’immersion et d’études consacrée notamment à la gouvernance des violences à caractère sexuel, à leur prévention et aux mécanismes de prise en charge.
Plus de 10 900 bénéficiaires directs
Les données présentées lors de la réunion font état de 10 961 bénéficiaires directs du projet, parmi lesquels 6 066 adolescentes et jeunes femmes âgées de 10 à 24 ans. Pour cette catégorie, l’objectif initial était de 8 000 bénéficiaires.
Alors que PASSAGE doit s’achever le 31 décembre 2027, l’INFAS et ses partenaires abordent désormais une étape déterminante : transformer les acquis du programme en pratiques durables. La continuité des réformes pédagogiques, le renforcement des dispositifs de prévention des violences et la prise en compte du genre dans la formation sanitaire constituent les principaux enjeux de cette dernière phase.
Ljp
