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Côte d’Ivoire : l’AGRAC mobilise le corps préfectoral dans la lutte contre les avoirs criminels

ByÉquipe LeJourPile

Nov 6, 2026

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À Yamoussoukro, une quarantaine de membres du corps préfectoral ont été sensibilisés aux mécanismes de saisie, de conservation et de recouvrement des biens issus d’activités criminelles. Cette initiative de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC) vise à renforcer la coopération territoriale dans la lutte contre la criminalité économique et financière.

La lutte contre la criminalité économique et financière passe aussi par une meilleure coordination entre les structures judiciaires et les autorités administratives locales. C’est dans cette perspective que l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC) a organisé, mercredi 4 novembre 2026 à Yamoussoukro, une session de sensibilisation à l’intention d’une quarantaine de membres du corps préfectoral.

La rencontre a réuni des représentants du district autonome de Yamoussoukro ainsi que des régions du Bélier et du N’Zi. Selon une note du service de communication de l’AGRAC parvenue à l’Agence ivoirienne de presse (AIP), l’objectif était de renforcer les relations de travail entre l’Agence et les autorités préfectorales, particulièrement dans le signalement, la sécurisation et la conservation des biens saisis.

Le corps préfectoral, un relais stratégique sur le terrain

Ouvrant les travaux au nom de la directrice générale de l’AGRAC, le directeur général adjoint, Ouattara Bourahiman, a insisté sur la nécessité d’une action concertée face aux infractions qui génèrent des profits illicites.

Il a notamment cité la corruption, le blanchiment de capitaux, le détournement de deniers publics et le trafic de stupéfiants. Selon lui, la réponse à ces infractions ne doit pas se limiter aux poursuites pénales : elle doit également permettre d’identifier les biens concernés, de les saisir, de les préserver, de les gérer et, le cas échéant, d’en assurer le recouvrement.

Dans ce dispositif, les autorités préfectorales occupent une place particulière en raison de leur connaissance des territoires, des populations et des activités économiques locales. Leur proximité avec les réalités du terrain peut faciliter la transmission rapide d’informations et contribuer à éviter la disparition, la détérioration ou la dépréciation des biens saisis.

Cette intervention doit toutefois s’effectuer dans le respect des procédures légales encadrant les opérations de saisie et de gestion des avoirs criminels.

Des procédures expliquées à partir de cas pratiques

Les échanges, animés par le directeur des opérations de l’AGRAC, Goua Koffi, ont porté sur les missions, l’organisation et le fonctionnement de l’Agence. Les participants ont également été instruits sur les règles applicables aux biens saisis ou confisqués, notamment leur conservation, leur transfert, leur vente aux enchères publiques et leur affectation administrative.

Des études de cas ont permis d’illustrer les difficultés opérationnelles susceptibles de se présenter sur le terrain. Elles ont notamment concerné la gestion d’un véhicule saisi, des engins lourds utilisés dans l’orpaillage illégal et une demande d’utilisation temporaire d’un véhicule saisi par un service déconcentré de l’État.

Ces exercices ont permis d’aborder concrètement les étapes de signalement, de remise, de sécurisation et d’affectation des biens concernés.

Une coopération appelée à s’étendre à l’échelle nationale

Le préfet de région, préfet du département de Yamoussoukro, Coulibaly Gando, a salué cette initiative et assuré de la disponibilité du corps préfectoral à accompagner l’AGRAC dans l’accomplissement de ses missions.

La rencontre est présentée comme une première étape dans le déploiement d’une collaboration entre l’Agence et les autorités préfectorales sur l’ensemble du territoire national.

Depuis sa création, l’AGRAC a déjà organisé plusieurs sessions de formation et de sensibilisation à destination d’institutions étatiques, notamment auprès des acteurs des secteurs économique et judiciaire. Ces initiatives visent à renforcer la connaissance de ses missions et à mobiliser les administrations concernées autour des opérations de saisie, de conservation, de gestion et de recouvrement des avoirs criminels.

À Yamoussoukro, l’enjeu est désormais de faire de la coopération avec le corps préfectoral un relais opérationnel dans les territoires, afin de mieux préserver les biens concernés et de renforcer l’efficacité de la lutte contre la criminalité économique et financière.

Raymond Njoumé