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À deux mois de l’élection présidentielle prévue le 16 janvier 2027, un tribunal nigérian a annulé la désignation d’Atiku Abubakar comme candidat du Congrès démocratique africain (ADC). La décision, susceptible d’appel, remet également en cause la direction du parti et ouvre une nouvelle période d’incertitude pour l’opposition.
L’opposition nigériane se retrouve confrontée à un sérieux obstacle judiciaire dans la perspective de la présidentielle de janvier 2027. Jeudi 5 novembre, à Abuja, un tribunal a invalidé l’investiture d’Atiku Abubakar comme candidat du Congrès démocratique africain (ADC), ainsi que la direction du parti conduite par l’ancien président du Sénat, David Mark.
Au cœur de cette crise figure un conflit de leadership entre David Mark et Nafiu Bala Gombe, qui revendiquent le contrôle de cette formation politique. La candidature d’Atiku Abubakar, pourtant validée par la Commission électorale indépendante, avait été déposée sous la direction contestée de David Mark, selon des médias internationaux.
L’ADC annonce un recours judiciaire
La décision représente un revers pour l’ancien vice-président, mais son avenir politique dans cette compétition n’est pas encore définitivement scellé. L’ADC a annoncé son intention de faire appel, dénonçant une tentative de « neutraliser l’opposition ».
L’issue de cette procédure sera déterminante pour savoir si Atiku Abubakar pourra conserver son investiture et participer au scrutin. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir si le recours annoncé suspend les effets de la décision du tribunal.
Une campagne déjà lancée sur fond de crise sociale
Cette incertitude judiciaire intervient alors que l’ancien vice-président avait commencé à mobiliser ses partisans. Mercredi, il a lancé sa campagne dans l’État de Sokoto, en mettant notamment l’accent sur le rétablissement de la sécurité et la réintroduction des subventions aux carburants.
Ces engagements s’inscrivent dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et les préoccupations sécuritaires, deux enjeux majeurs pour les électeurs nigérians.
De son côté, Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, a rejeté toute implication du Congrès des progressistes (APC), parti au pouvoir, dans la procédure judiciaire ayant conduit à l’invalidation de la désignation du candidat de l’ADC.
Une candidature déterminante pour les équilibres de l’opposition
Arrivé deuxième lors de la présidentielle de 2023, avec 29 % des suffrages, Atiku Abubakar demeure une figure centrale de l’opposition nigériane. Son influence est particulièrement importante dans le nord du pays, où il dispose d’une base électorale significative.
Une éventuelle exclusion de la course présidentielle pourrait donc bouleverser les stratégies de l’opposition, en compliquant le choix d’un candidat capable de rivaliser avec le président sortant, Bola Tinubu.
À deux mois du scrutin du 16 janvier 2027, le bras de fer autour de la direction de l’ADC dépasse ainsi une simple querelle interne. Il pose la question de la capacité de l’opposition à préserver son unité et à présenter une candidature solide. Le recours annoncé par le parti constitue désormais une étape décisive pour l’avenir politique d’Atiku Abubakar et pour les rapports de force électoraux au Nigeria.
Ljp
