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Avec l’inauguration d’un centre de cybersécurité Cisco au sein de Cybastion, à Abidjan, la Côte d’Ivoire entend renforcer sa capacité à faire face aux cyberattaques et à protéger ses infrastructures numériques. Au-delà de la technologie, le gouvernement mise également sur la formation de compétences locales pour accompagner cette ambition.
La transformation numérique de la Côte d’Ivoire s’accompagne de nouveaux défis en matière de sécurité. Pour mieux protéger les administrations, les entreprises et les utilisateurs des services numériques, le pays vient de franchir une nouvelle étape avec l’ouverture d’un centre de cybersécurité Cisco au sein de Cybastion.
Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a procédé à son inauguration, jeudi 5 novembre 2026 à Abidjan. L’infrastructure est conçue pour renforcer les capacités de prévention, de surveillance, de détection et de traitement des incidents informatiques. Elle comprend notamment un centre opérationnel de sécurité et des outils de suivi des menaces numériques.
Sa vocation dépasse le seul cadre national, puisqu’elle ambitionne également de contribuer à la coopération régionale dans la lutte contre les cybermenaces.
Protéger les infrastructures et préserver la souveraineté numérique
Pour Djibril Ouattara, la cybersécurité constitue désormais un pilier de la souveraineté des États. La protection des données, la continuité des services publics et la résilience économique dépendent, selon lui, de la capacité des pays à sécuriser leurs systèmes d’information.
Cette exigence devient d’autant plus importante que les administrations et les entreprises recourent de plus en plus aux plateformes numériques et aux systèmes interconnectés.
Le président-directeur général de Cybastion, Dr Thierry Wandji, a justement insisté sur l’évolution des risques. La multiplication des services en ligne et le développement de l’intelligence artificielle élargissent les possibilités d’attaques et exposent davantage les organisations comme les particuliers.
Il estime que le nouveau centre doit permettre de dépasser une approche centrée sur la réaction aux incidents pour installer une véritable culture de l’anticipation, fondée sur la prévention et la coordination des réponses.
Miser sur la formation pour construire une expertise locale
La disponibilité d’équipements performants ne suffit toutefois pas à garantir une cybersécurité durable. Le développement de ressources humaines qualifiées constitue également un enjeu central.
Le ministre Djibril Ouattara a ainsi mis en avant la nécessité de former davantage de jeunes et de femmes aux métiers des réseaux, de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle.
Il a cité, à cet effet, le programme Africa DigiEmpower, soutenu par la Fondation THEYA et Cisco, qui ambitionne de former 200 000 apprenants ivoiriens à l’horizon 2030.
De son côté, Francine Katsoudas, vice-présidente exécutive et directrice des ressources humaines de Cisco, a souligné l’apport de l’Académie Cisco dans la diffusion des compétences numériques. Elle a indiqué que cette structure a formé 42 millions d’apprenants au cours des 40 dernières années.
Une ouverture tournée vers l’innovation technologique
L’événement a également été marqué par l’inauguration de l’American Digital Tower, un espace destiné à présenter des technologies, organiser des démonstrations et favoriser le partage d’expériences autour de l’innovation.
Plusieurs membres du gouvernement ont assisté à la cérémonie, notamment Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Koné, ministre des Transports, Nassénéba Touré, ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, et Siandou Fofana, ministre du Tourisme. Le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire, Junaid Munir, était également présent.
Les personnalités invitées ont visité le centre de cybersécurité Cisco ainsi que les installations de Cybastion, dont le showroom de l’entreprise.
Avec cette nouvelle infrastructure et les initiatives de formation annoncées, la Côte d’Ivoire cherche à consolider les bases de son environnement numérique. Le défi sera désormais de traduire ces investissements en capacités opérationnelles, en expertise nationale et en protection effective des données et des systèmes stratégiques.
Raymond Njoumé
