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Côte d’Ivoire : la centrale biomasse de Biovéa Énergie entre en service avec une capacité de 46 MW

ByÉquipe LeJourPile

Nov 6, 2026

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La Côte d’Ivoire renforce son dispositif de production électrique avec la mise en service de la centrale biomasse de Biovéa Énergie à Ayébo, dans le département d’Aboisso. D’une capacité de 46 MW, cette installation devrait injecter 348 GWh d’électricité par an dans le réseau national, grâce à la valorisation des résidus agricoles, notamment ceux du palmier à huile.

Une nouvelle infrastructure vient enrichir le parc énergétique ivoirien. La société Biovéa Énergie a procédé, jeudi 5 novembre 2026 à Ayébo, dans le département d’Aboisso, à la mise en service de sa centrale biomasse de 46 MW. L’installation est conçue pour produire annuellement 348 GWh d’électricité destinés au réseau national.

Ce projet constitue une avancée dans la diversification des sources de production électrique du pays, en misant sur une ressource renouvelable issue de l’activité agricole. Il intervient également dans un contexte de progression de la demande nationale en électricité.

Les résidus du palmier à huile transformés en électricité

Lors de la cérémonie d’inauguration, le directeur général de Biovéa Énergie, Xavier Charentenay, a présenté la centrale comme un investissement stratégique pour accompagner les besoins énergétiques de la Côte d’Ivoire.

Il l’a également décrite comme la plus grande centrale biomasse d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, ainsi que la première du pays à injecter dans le réseau national de l’électricité produite à partir de ses propres résidus agricoles.

L’installation fonctionne principalement grâce à des résidus de palmier à huile transformés en combustible. Elle mobilisera plus de 540 000 tonnes de biomasse chaque année pour assurer sa production.

L’un de ses principaux atouts réside dans sa capacité à fournir une électricité renouvelable et pilotable. Contrairement aux installations photovoltaïques, dont la production dépend de l’ensoleillement, la centrale biomasse peut fonctionner indépendamment des heures d’ensoleillement et contribuer à répondre aux besoins du réseau.

Xavier Charentenay a notamment insisté sur cette complémentarité avec les autres sources d’énergie, en soulignant que la centrale peut continuer à produire lorsque les installations solaires cessent de fonctionner.

Un potentiel de réduction des émissions de CO₂

Au-delà de sa contribution à la production électrique, le projet repose sur la valorisation de sous-produits agricoles qui peuvent ainsi trouver un débouché énergétique.

Selon les responsables de l’installation, son exploitation devrait permettre d’éviter l’émission de 4,5 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO₂) sur une période de 25 ans.

Cette perspective inscrit la centrale dans les efforts de développement des énergies renouvelables et de réduction de l’empreinte carbone du secteur électrique ivoirien.

D’autres centrales biomasse annoncées

La mise en service de l’unité d’Ayébo s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à porter à 45 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national à l’horizon 2030.

Dans cette perspective, deux autres projets de centrales biomasse sont annoncés. Le premier, à Divo, devrait exploiter les résidus de cacao, tandis que celui de Boundiali sera alimenté par des tiges de coton.

À travers ces investissements, la Côte d’Ivoire entend diversifier ses moyens de production, renforcer la sécurité de son approvisionnement électrique et créer de nouveaux débouchés pour les sous-produits de ses filières agricoles.

La centrale d’Ayébo constitue ainsi une illustration du potentiel de rapprochement entre agriculture et production énergétique. Son apport réel à l’équilibre du réseau et à la transition énergétique dépendra notamment de la régularité de son approvisionnement en biomasse et de la performance de son exploitation dans la durée.

Loba Christo