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Tchad : un budget record de 3 065 milliards FCFA en 2027, porté par les recettes pétrolières

ByÉquipe LeJourPile

Nov 6, 2026

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Le projet de loi de finances 2027 franchit pour la première fois le seuil des 3 000 milliards FCFA. Avec des ressources en hausse de 35 % et une croissance économique projetée à 7,3 %, le gouvernement tchadien mise sur les revenus pétroliers, la mobilisation fiscale et les investissements publics pour soutenir le développement dans le cadre du plan « Tchad Connexion 2030 ».

Le Tchad s’apprête à franchir un nouveau palier budgétaire. Adopté jeudi en Conseil des ministres, le projet de loi de finances 2027 prévoit des ressources de 3 065 milliards FCFA, un montant inédit dans l’histoire budgétaire du pays. Cette enveloppe représente une progression de 35 % par rapport à l’exercice précédent, principalement sous l’effet de l’augmentation attendue des recettes pétrolières.

Le gouvernement anticipe également une accélération de la croissance économique, qui devrait atteindre 7,3 % en 2027, contre 6 % en 2026. Cette évolution reposerait essentiellement sur la dynamique du secteur non pétrolier, soutenue par les investissements dans les infrastructures, le capital humain, la productivité agricole et la transformation industrielle.

Des recettes pétrolières en forte progression

La hausse des ressources budgétaires s’appuie largement sur les revenus issus des hydrocarbures. Les recettes pétrolières sont estimées à 1 184 milliards FCFA en 2027, contre 779 milliards FCFA en 2026, soit une progression de 52 %.

Le gouvernement attribue cette évolution à la combinaison de la hausse des cours du pétrole et de celle du dollar. Cette dépendance aux recettes pétrolières demeure toutefois un facteur important dans l’équilibre des prévisions budgétaires.

En parallèle, les recettes non pétrolières devraient atteindre 1 307 milliards FCFA, en hausse de 20 %. Pour améliorer leur mobilisation, les autorités comptent notamment sur la digitalisation des régies financières, avec un accent sur le recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et le renforcement des capacités de collecte dans les provinces.

Des dépenses en hausse, mais un solde excédentaire annoncé

Les dépenses totales sont projetées à 3 002 milliards FCFA, contre 2 531,5 milliards FCFA en 2026, soit une augmentation de 19 %. Sur la base des prévisions présentées, le projet dégage un solde global excédentaire de 63 milliards FCFA, avant amortissement de la dette et financement.

Les charges de personnel devraient s’établir à 796 milliards FCFA, en progression de 15 %. Les dépenses de biens et services atteindraient 271 milliards FCFA, contre 235 milliards en 2026, tandis que les transferts et subventions augmenteraient de 12 %, pour s’établir à 340 milliards FCFA.

Ces prévisions traduisent une augmentation simultanée des ressources et des dépenses publiques, dans un contexte où le gouvernement entend financer plusieurs priorités sectorielles.

La santé et les services sociaux au premier plan

La santé figure parmi les principaux postes d’intervention annoncés. Le projet prévoit une enveloppe supplémentaire de près de 60 milliards FCFA pour renforcer le secteur.

Les allocations destinées aux centres hospitaliers universitaires devraient progresser de 25 %. Plus de 10 milliards FCFA sont également prévus pour les hôpitaux préfectoraux. Le dispositif annoncé couvre en outre 14 hôpitaux confessionnels, 90 districts sanitaires et 2 514 centres de santé.

Sur le volet social, le gouvernement prévoit le recrutement de 6 265 agents, dont plus de 6 170 agents sociaux appelés à exercer dans les provinces. Cette orientation vise à renforcer la présence des services publics et l’accompagnement des populations à l’intérieur du pays.

Infrastructures, agriculture et sécurité parmi les autres priorités

Le projet budgétaire prévoit également des investissements dans les routes, l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’agriculture et l’élevage. L’éducation, l’industrialisation, le tourisme et le sport figurent aussi parmi les secteurs ciblés.

À ces priorités économiques et sociales s’ajoutent les dépenses consacrées à la défense, à la sécurité et au renforcement de la cohésion sociale.

L’ensemble de ces orientations s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui sert de référence à la stratégie gouvernementale de transformation économique et sociale.

Le Parlement, prochaine étape du processus budgétaire

Après son adoption en Conseil des ministres, le projet de loi de finances 2027 doit être soumis au vote du Parlement à la fin du mois de décembre 2026.

Au-delà du caractère historique de l’enveloppe annoncée, les principaux enjeux porteront sur la réalisation effective des recettes prévues, la maîtrise des dépenses et l’exécution des investissements programmés. La capacité du pays à convertir ses revenus pétroliers en infrastructures, en services sociaux et en activités productives constituera un élément déterminant de la portée économique de ce budget.

Ljp