• lun. Oct 26th, 2026

Côte d’Ivoire : «A cause de Thiam, la France brandit en secret la menace d’un embargo»(LE MONDE DIPLOMATIQUE)

ByÉquipe LeJourPile

Mar 21, 2025

👁 4,410 vues

Dans un article intitulé « Présidentielle en Côte d’Ivoire : La France brandit  en secret la menace d’un embargo »  et publié le jeudi 20 mars 2025 par le journal « Le Monde Diplomatique », cette publication spécialisée de la presse française fait des révélations sur le rôle de la France dans le contexte électoral de 2025 en Côte d’Ivoire.  Le journal français parle d’une crispation entre Abidjan et Paris à cause de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA et candidat déclaré à l’élection présidentielle. Vraies ou fausses, lisez plutôt ces révélations faites par ce confrère français dans l’article ci-dessous écrit par le journaliste Jean-Louis Maréchal.

Les tensions entre Paris et Abidjan atteignent un point critique alors que la France intensifie sa pression sur le régime d’Alassane Ouattara. Selon des sources diplomatiques confidentielles, l’Élysée envisage des sanctions économiques sévères, voire un embargo, si Tidjane Thiam est exclu de la liste électorale et empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2025. Un isolement diplomatique et économique de la Côte d’Ivoire est désormais une option sérieusement étudiée par Paris et Bruxelles. L’Union européenne pourrait suivre la position française et suspendre certains accords commerciaux en réponse à une éventuelle dérive autoritaire du régime ivoirien.

Ouattara sous pression internationale

Après plusieurs années de coopération stratégique entre la Côte d’Ivoire et la France, les relations se sont considérablement tendues. La volonté supposée du président Alassane Ouattara de briguer un quatrième mandat malgré les contestations suscite l’inquiétude des chancelleries occidentales. Un diplomate français proche du dossier confie : « Si Tidjane Thiam est arbitrairement écarté, les conséquences seront immédiates : suspension des aides, restrictions bancaires et sanctions économiques. Et si Alassane Ouattara force un quatrième mandat, les Ivoiriens en paieront le prix fort avec une flambée des prix des denrées et un isolement du pays sur la scène internationale ». La pression française s’explique par la crainte d’une instabilité régionale. La Côte d’Ivoire, pilier économique de l’Afrique de l’Ouest, joue un rôle clé dans la stabilité sous-régionale. Une crise politique majeure pourrait avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières surtout sur l’AES.

Les Ivoiriens face à une crise économique imminente ?

Déjà marqués par une inflation croissante, les Ivoiriens pourraient voir leur pouvoir d’achat s’effondrer en cas de sanctions internationales. Une interruption des investissements étrangers et une restriction des exportations ivoiriennes (notamment du cacao et du pétrole) risqueraient d’accélérer la crise. Dans les marchés d’Abidjan, l’inquiétude monte. Fatoumata, commerçante à Treichville, exprime ses craintes : « On a déjà du mal avec les prix qui montent chaque jour. Si en plus on nous met un embargo, comment allons-nous vivre ? »

L’avenir politique et économique de la Côte d’Ivoire semble plus incertain que jamais. Entre pressions internationales et bras de fer interne, le pays se trouve à la croisée des chemins. Reste à savoir si Alassane Ouattara écoutera les signaux d’alerte envoyés par la communauté internationale ou s’il poursuivra sur une voie risquée pour l’avenir de son peuple.

Source : « Le Monde Diplomatique » – 20 mars2025

You missed

Côte d’Ivoire : 108 000 porcs abattus, deux ans après les éleveurs attendent toujours 15 milliards FCFA Les producteurs touchés par la peste porcine africaine réclament le paiement de leurs indemnités, deux ans après les abattages sanitaires. À Yopougon, le 24 octobre 2026, l’UNASCEPORCI a demandé au gouvernement de débloquer les fonds et d’accompagner la reprise des exploitations. Deux ans après la crise sanitaire qui a frappé les élevages porcins, les indemnisations restent, selon les producteurs concernés, toujours attendues. L’Union nationale des sociétés coopératives des éleveurs de porcs de Côte d’Ivoire (UNASCEPORCI) a lancé un nouvel appel au gouvernement lors d’une conférence de presse organisée le samedi 24 octobre 2026 à Yopougon. D’après les chiffres communiqués par l’organisation, 108 000 porcs ont été abattus dans le cadre des mesures sanitaires liées à la peste porcine africaine. La crise aurait fragilisé 1 500 familles et occasionné huit décès parmi les éleveurs. Le montant global des pertes est évalué à 15 milliards de FCFA. Le constat dénoncé par l’Union est sans équivoque : aucun des producteurs concernés n’aurait encore reçu d’indemnisation. Les éleveurs réclament un calendrier de paiement Pour justifier leur demande, les responsables de l’UNASCEPORCI invoquent le décret n° 2022-352 du 1er juin 2022, qui encadre l’indemnisation des propriétaires d’animaux abattus pour des raisons sanitaires. Le président de l’organisation, Nawoya Germain, rappelle que les compensations doivent, selon son interprétation du dispositif, être calculées sur la valeur marchande des animaux et versées dans un délai maximal de huit mois. « L’éleveur sacrifie et l’État indemnise », a-t-il déclaré, déplorant l’absence de paiement depuis les abattages. L’Union juge par ailleurs insuffisante la proposition de 4 milliards de FCFA attribuée à l’État, au regard des pertes qu’elle estime à 15 milliards. Elle demande un premier versement dans les 30 jours, suivi du paiement du solde dans les 60 jours suivants. Autre exigence : accorder la priorité aux droits des éleveurs décédés et mettre en place un fonds destiné à prendre en charge les conséquences financières des futurs abattages sanitaires. Banques, reproducteurs et chambres froides : les autres urgences Au-delà des indemnisations, les producteurs veulent retrouver les moyens de faire fonctionner leurs exploitations. L’UNASCEPORCI préconise notamment le report des échéances bancaires, la facilitation de l’acquisition de reproducteurs grâce à des projets de soutien et la réduction des taxes à l’importation. L’organisation insiste également sur le besoin d’infrastructures de conservation. Elle propose la mise à disposition de conteneurs et de chambres froides pour améliorer les capacités de stockage des productions. Ces mesures sont présentées comme nécessaires pour aider les exploitants à surmonter les difficultés financières, alors que certaines fermes auraient interrompu leurs activités. Un enjeu pour la production nationale Pour Nawoya Germain, la relance des élevages porcins dépasse le seul sort des producteurs indemnisés. Elle concerne aussi la capacité du pays à développer sa production locale. Le président de l’UNASCEPORCI affirme que 90 % de la viande consommée en Côte d’Ivoire est importée, contre 10 % produite localement. Cette proportion, avancée par l’organisation, illustre selon lui la nécessité de soutenir les exploitations nationales. Le paiement des indemnités constitue donc la principale revendication immédiate des éleveurs. Mais leur appel porte également sur les conditions d’une reprise durable : accès au financement, renouvellement des cheptels et renforcement des équipements de stockage. Deux ans après les abattages, les producteurs attendent désormais des mesures concrètes pour compenser les pertes subies et reconstruire une activité fortement éprouvée par la crise sanitaire.