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PPA-CI : Guillaume Soro évoque une possible dissolution du parti de Gbagbo et met Ouattara au défi

ByÉquipe LeJourPile

Oct 25, 2026

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Alors que plusieurs cadres du PPA-CI sont inculpés ou placés sous contrôle judiciaire, une publication diffusée sur la page Facebook de Guillaume Soro pose la question d’une éventuelle dissolution du parti de Laurent Gbagbo. Son auteur, Moussa Touré, établit un parallèle avec le sort de GPS. Mais aucune annonce officielle de dissolution du PPA-CI n’a été rapportée.

Le PPA-CI peut-il être confronté à une procédure de dissolution ? C’est l’interrogation soulevée par Moussa Touré dans un texte publié vendredi sur la page Facebook de Guillaume Soro. L’auteur rapproche la multiplication des poursuites contre des responsables du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire des procédures ayant, selon son analyse, précédé la dissolution du mouvement Générations et Peuples solidaires (GPS), associé à l’ancien président de l’Assemblée nationale.

« Depuis janvier 2026, une mécanique silencieuse, mais implacable, est à l’œuvre contre le PPA-CI », écrit-il. Il cite les arrestations, les inculpations et les placements sous contrôle judiciaire qui touchent plusieurs responsables du parti de Laurent Gbagbo.

Son texte va plus loin en interrogeant directement les intentions du président Alassane Ouattara. Il évoque la possibilité d’une dissolution du PPA-CI et avance, sans apporter d’élément permettant de l’établir, qu’une telle décision pourrait favoriser Téné Birahima Ouattara dans la perspective présidentielle.

Des cadres du PPA-CI poursuivis devant la section antiterroriste

Les procédures judiciaires constituent le point de départ de cette controverse. Justin Koné Katinan, vice-président du PPA-CI, a été placé sous mandat de dépôt en septembre. Le 12 octobre, Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du parti, a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire.

Dans les jours suivants, Daniel Billaud Zéréhoué, secrétaire général adjoint, Emmanuel Ackah, directeur de cabinet de Laurent Gbagbo, et Fabrice Lago, alias Steve Beko, ont également comparu devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan. Ils ont été inculpés et placés sous contrôle judiciaire entre le 15 et le 23 octobre.

Le PDCI-RDA est lui aussi touché par cette séquence. Georges-Philippe Ezaley, vice-président du parti, et Roger M’Bia, son directeur général, ont été auditionnés le 19 octobre avant d’être placés sous contrôle judiciaire. Le 23 octobre, Aziz Thiam, ancien ministre des Transports et vice-président du PDCI-RDA, a été inculpé pour 17 chefs d’accusation, parmi lesquels des actes terroristes, l’assassinat et la participation à un mouvement insurrectionnel.

Cette série de dossiers renforce la tension entre les autorités et les partis d’opposition. Elle ne constitue cependant pas, en elle-même, la preuve d’une volonté de dissoudre le PPA-CI. Les accusations judiciaires doivent être examinées individuellement, dans le respect de la présomption d’innocence.

Le précédent GPS nourrit les craintes de Moussa Touré

Pour étayer son analyse, Moussa Touré rappelle le précédent de GPS, mouvement associé à Guillaume Soro. Il estime que la situation du PPA-CI présente des similitudes avec ce qu’il décrit comme une mécanique ayant conduit à la dissolution de cette structure politique.

La comparaison est politique, mais elle ne suffit pas à démontrer que les deux situations relèvent des mêmes motifs ou d’une procédure identique. Une dissolution de parti obéit à un cadre juridique distinct des poursuites pénales visant ses dirigeants.

L’auteur pose néanmoins une question qui dépasse le seul sort du PPA-CI : jusqu’où les procédures judiciaires en cours modifieront-elles les rapports entre le pouvoir et l’opposition ? Et dans quelles conditions les formations concernées pourront-elles continuer à participer à la vie politique ?

Le contexte des violences de la présidentielle de 2025

Les poursuites interviennent après les violences survenues autour de l’élection présidentielle d’octobre 2025. En septembre, le procureur de la République, Koné Braman Oumar, avait annoncé que les responsabilités seraient recherchées. Début octobre, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait évoqué la recherche de personnes soupçonnées d’avoir incité les auteurs matériels des violences.

Ces déclarations éclairent le contexte officiel des investigations, sans établir à elles seules la responsabilité des différents cadres poursuivis.

Fondé le 17 octobre 2021 par Laurent Gbagbo, le PPA-CI se présente comme une formation de gauche panafricaniste et souverainiste. Après le rejet de la candidature de son président à la présidentielle d’octobre 2025, il a boycotté les législatives de décembre. Il dénonce les poursuites contre ses responsables et réclame un dialogue politique inclusif ainsi que la libération de personnes qu’il considère comme des détenus politiques.

La dissolution n’est pas annoncée

L’article 26 de la loi n° 93-668 du 9 août 1993 relative aux partis et groupements politiques prévoit une procédure judiciaire de dissolution en cas de violation de cette loi. À ce jour, aucune annonce officielle de dissolution du PPA-CI n’est rapportée dans les informations disponibles.

L’hypothèse avancée par Moussa Touré doit donc être comprise comme une alerte politique, et non comme l’annonce d’une décision des autorités. La suite dépendra de l’évolution des procédures judiciaires, des éventuelles initiatives institutionnelles et des réponses des principaux acteurs concernés.

Entre poursuites pénales, contestations de l’opposition et interrogations sur l’avenir du pluralisme politique, le dossier du PPA-CI s’impose désormais comme un enjeu majeur du débat politique ivoirien.

Ljp

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