👁 3,893 vues
Souvent indispensables à la création musicale, mais encore insuffisamment reconnus dans l’industrie du spectacle, les instrumentistes ivoiriens seront au cœur de la 10e édition de l’Africa Jamming Festival. Présenté le mardi 28 octobre 2026 à Yopougon, le programme anniversaire s’étendra de novembre 2026 à novembre 2027, avec des formations, des concerts, une tournée nationale et des distinctions professionnelles destinées à renforcer leur visibilité et leur statut.
L’Africa Jamming Festival entend faire de cette édition anniversaire un levier de reconnaissance professionnelle et sociale pour les instrumentistes ivoiriens. Lors d’une conférence de presse organisée au studio Beshamel, à Yopougon, les organisateurs ont dévoilé une série d’activités visant à valoriser les compétences de ces acteurs souvent relégués au second plan dans l’industrie musicale.
À l’initiative du festival, Xavier Xavson, commissaire général et promoteur de Musicos Group, a rappelé les actions menées au cours des dix dernières années pour donner davantage de visibilité aux musiciens, notamment grâce à des prestations enregistrées et à la réalisation de vidéos professionnelles.
« En 10 ans, on a permis aux musiciens de sortir de l’ombre », a-t-il déclaré, mettant en avant les efforts engagés pour mieux promouvoir leur travail et leur savoir-faire.
La MICI, un acquis pour la protection sociale
Parmi les réalisations évoquées figure la création de la Mutuelle des instrumentistes de Côte d’Ivoire (MICI), qui compte près de 1 000 adhérents. Cette structure porte les préoccupations de ses membres, notamment en matière de protection sociale, dans un secteur où la reconnaissance du travail et la stabilité des revenus restent des enjeux importants.
Pour les organisateurs, la valorisation des instrumentistes ne doit pas se limiter à leur présence sur scène. Elle doit également se traduire par une rémunération équitable et une meilleure prise en compte de leur contribution à la création musicale.
Formations, concerts et tournée nationale au programme
Pour célébrer cette décennie, plusieurs activités sont prévues de novembre 2026 à novembre 2027. Trois masterclasses seront notamment organisées entre janvier et mars 2027 à l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC), afin de favoriser le renforcement des compétences et la transmission des savoir-faire.
Le programme prévoit également des animations de proximité baptisées « Street Jams », qui investiront des espaces publics et de grands carrefours d’Abidjan. De son côté, le « Jamming Tour » conduira la caravane du festival dans cinq villes de l’intérieur du pays : San Pedro, Yamoussoukro, Divo, Bouaké et Man.
Une soirée spéciale est aussi annoncée le 21 juin 2027, à l’occasion de la Fête de la musique. À ces rendez-vous s’ajouteront les activités « Jamming France », un gala de distinction et les « Jamming Awards ». Une soirée « Jamming Classique » viendra clôturer cette année anniversaire.
David Tayoraud appelle à davantage de solidarité
Parrain artistique de cette 10e édition, David Tayoraud a invité les acteurs culturels à soutenir davantage les initiatives visant à structurer le secteur musical ivoirien.
« Quand un artiste se lève pour initier quelque chose, il n’a personne pour l’accompagner », a-t-il déploré, appelant les professionnels à dépasser leurs divisions et à privilégier les projets collectifs.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer le professionnalisme dans le milieu musical, notamment à travers le respect des horaires, la discipline et l’exécution des engagements contractuels.
Au-delà des spectacles et des distinctions, l’Africa Jamming Festival ambitionne ainsi de consolider les échanges avec la diaspora et les scènes musicales internationales. À travers cette édition anniversaire, les organisateurs entendent contribuer à une meilleure reconnaissance du rôle des instrumentistes dans l’écosystème musical ivoirien.
Raymond Njoumé
