👁 5,230 vues
A Luanda, ce samedi 16 août, dans la salle surchauffée de l’Afrobasket, l’air vibrait des chants mêlés de supporters maliens et sénégalais. Dès l’entre-deux, le ton était donné : chaque possession valait cher, chaque contact résonnait comme un coup de gong. Le Sénégal savait qu’il jouait gros, après une défaite amère face à l’Égypte.
À la pause, les visages sénégalais étaient fermés : 40-32 pour le Mali. Les Aigles dominaient le rebond, agressifs, sûrs d’eux. Le banc sénégalais se consultait, les regards cherchaient une étincelle. Dans le vestiaire, la voix du capitaine Brancou Badio s’est faite entendre : « Ce match, on ne peut pas le laisser filer ».
Au retour, les Lions ont changé de visage. Plus rapides, plus tranchants, ils ont resserré les lignes et multiplié les interceptions. À trois minutes de la fin du troisième quart-temps, le public a retenu son souffle : Badio, après une feinte, s’élève et envoie un tir primé qui fait basculer le score. Le banc sénégalais explose, les supporters en jaune et vert se lèvent comme un seul homme.
Derrière, Jean-Jacques Boissy et Moustapha Diop prennent le relais. Diop, intenable dans la raquette, aligne les rebonds comme des trophées et termine la rencontre avec un double-double (16 points, 10 rebonds). Badio et Boissy inscrivent chacun 17 points. Le dernier quart est une avalanche sénégalaise : 27-10. Les Aigles s’effondrent, impuissants face à l’énergie retrouvée des Lions.
À la sirène finale, le score est sans appel : 84-70. Les joueurs sénégalais se prennent dans les bras, conscients d’avoir relancé leur aventure dans un groupe D où rien n’est encore joué.
Dans les tribunes, les chants « Sénégal ! Sénégal ! » couvrent tout. Le message est clair : les Lions, dos au mur, ont prouvé qu’ils savaient rugir quand tout semblait perdu.
