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APSACO 2026 : l’AES et la CEDEAO au cœur des débats sur l’avenir sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest

ByÉquipe LeJourPile

Juin 11, 2026

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Les relations entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont dominé les échanges à l’ouverture de la 10e édition de l’African Peace and Security Annual Conference (APSACO), organisée par le Policy Center for the New South (PCNS) à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Salé, près de Rabat.

Placée sous le thème « Dix ans après : tendances, évolutions et continuités dans le paysage de la paix et de la sécurité en Afrique », cette édition anniversaire a réuni experts, chercheurs et responsables de plusieurs pays africains pour analyser les mutations du contexte sécuritaire sur le continent.

Au centre des discussions, l’émergence de l’AES et le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO ont été présentés comme l’un des principaux tournants sécuritaires de la dernière décennie en Afrique de l’Ouest. Pour Sampala Balima, directrice générale adjointe du Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso, cette évolution a profondément reconfiguré l’espace régional en donnant naissance à deux pôles distincts de coopération sécuritaire.

Cette lecture a toutefois été nuancée par Garba Abdoul Azizou, chercheur associé au CECRI-UCL et ancien conseiller spécial du président nigérien Mohamed Bazoum. Selon lui, la création de l’AES n’a pas modifié la nature des menaces qui pèsent sur le Sahel. Il a plaidé pour une coopération plus large associant les États de l’AES, ceux de la CEDEAO ainsi que les pays du Golfe de Guinée afin de faire face à des défis sécuritaires communs.

Les intervenants ont également débattu de l’efficacité des mécanismes régionaux de défense face à l’expansion du terrorisme. Si certains ont souligné les limites du dispositif de sécurité collective de la CEDEAO dans la gestion des crises au Mali, au Burkina Faso et au Niger, d’autres ont relevé que l’AES repose également sur un système de défense collective, créant une coexistence inédite de deux cadres sécuritaires dans une même région confrontée aux mêmes menaces transfrontalières.

Professeur à l’Académie de défense du Nigéria, Sharkdam Wapmuk a appelé à renforcer l’intégration régionale, estimant que les États africains gagneraient à privilégier le dialogue et la coopération pour répondre à des menaces désormais transnationales.

De son côté, le professeur mauritanien Sidi Mohamed Sidi a souligné la nécessité de repenser l’architecture sécuritaire régionale. Qualifiant l’AES d’expression d’un « néo-souverainisme », il a estimé que l’évolution des relations entre les États sahéliens et les organisations régionales sera déterminante pour la stabilité future de la région.

La perspective d’un rapprochement entre l’AES et la CEDEAO a également été évoquée. Plusieurs intervenants ont plaidé pour le maintien d’un dialogue permanent entre les deux organisations, jugeant que la lutte contre le terrorisme et l’insécurité exige une approche collective fondée sur les intérêts des populations.

Malgré des analyses parfois divergentes, les participants ont partagé un même constat : la menace terroriste demeure transnationale et appelle une réponse concertée intégrant les dimensions sécuritaire, politique et socio-économique.

La 10e édition de l’APSACO se poursuit jusqu’au 12 juin avec plusieurs panels consacrés aux enjeux de paix, de sécurité et de gouvernance en Afrique.

Ljp