👁 4,443 vues
Le BURIDA a procédé à sa première répartition de l’année 2026, avec un montant global de 574,5 millions FCFA redistribués aux créateurs. Une performance en hausse, présentée comme le signe d’une dynamique positive… mais qui relance aussi le débat sur l’équité et la transparence dans le secteur.
Une progression saluée
Face à la presse, le 13 mars 2026 à Abidjan, le Directeur de la répartition, Ehouman Maxime, a détaillé les chiffres de cette opération.
Au total :
-
574 554 863 FCFA redistribués
-
dont 356,8 millions FCFA en droits d’auteur
-
et 217,6 millions FCFA en droits voisins
Une évolution notable :
-
2025 : 521 millions FCFA
-
2024 : 349 millions FCFA
-
2023 : 295 millions FCFA
Pour les responsables du BURIDA, cette hausse traduit une amélioration des performances de collecte et de redistribution.
Plus de 3 000 bénéficiaires, mais des écarts marqués
Cette première répartition concerne 3 292 bénéficiaires, dont :
-
2 927 nationaux
-
355 étrangers
-
713 au titre des droits voisins
Mais derrière ces chiffres globaux, les disparités apparaissent rapidement.
Dans le top des bénéficiaires :
-
les droits d’auteur varient entre 2,7 et 6,24 millions FCFA
-
les droits voisins entre 1,61 et 3,23 millions FCFA
Autre indicateur marquant :
-
8,87 millions FCFA pour le top masculin
-
contre 2,68 millions FCFA pour le top féminin
Des écarts qui illustrent une concentration des revenus au profit d’un nombre limité d’acteurs très diffusés.
Une industrie dominée par la musique
Sans surprise, la musique capte l’essentiel des montants redistribués, confirmant son poids dans l’économie culturelle ivoirienne.
Les revenus proviennent notamment :
-
des reproductions mécaniques
-
des événements (concerts, galas)
-
et des contenus exploités par les opérateurs télécoms
Transparence et lisibilité : des attentes toujours fortes
Si les performances annoncées sont saluées, elles ne dissipent pas toutes les interrogations.
Dans le milieu artistique, plusieurs professionnels évoquent régulièrement :
-
une compréhension limitée des critères de répartition
-
un besoin de meilleure traçabilité des œuvres exploitées
-
et des écarts jugés importants entre les bénéficiaires
Certains estiment que l’enjeu ne réside pas uniquement dans les montants redistribués, mais dans la clarté du mécanisme qui permet d’y accéder.
Un enjeu de confiance pour l’écosystème culturel
La progression des montants constitue indéniablement un signal positif pour les créateurs. Mais elle pose aussi une question centrale : comment garantir une redistribution perçue comme juste par l’ensemble des ayants droit ? À l’heure où les industries culturelles se transforment, la crédibilité du système repose désormais autant sur les chiffres que sur la confiance des artistes.
Au-delà des 574 millions FCFA redistribués, ce premier bilan 2026 met en lumière une réalité : le BURIDA progresse, mais reste attendu sur la transparence et l’équité. Un défi clé pour consolider durablement la relation entre l’institution et les créateurs ivoiriens.
Loba Christo
