• mar. Oct 27th, 2026

Côte d’Ivoire : à Guiglo, les vendeuses de poissons disent stop à la flambée des prix

ByÉquipe LeJourPile

Oct 27, 2026

👁 7,630 vues

 

Le prix du carton de poisson, passé de 22 000 à 35 000 FCFA en six mois, provoque la colère des vendeuses de Guiglo. Ce lundi 26 octobre 2026, ces commerçantes ont suspendu leurs activités pour réclamer une baisse des coûts d’approvisionnement, devenus difficiles à concilier avec leurs marges et le pouvoir d’achat de leurs clients.

Le commerce du poisson tourne au ralenti à Guiglo. Ce lundi 26 octobre 2026, des vendeuses ont décidé de suspendre leurs activités pour dénoncer l’augmentation du prix des cartons de poisson auprès des poissonneries. Réunies devant plusieurs points de vente de la ville, elles demandent une révision des tarifs afin de pouvoir poursuivre leurs activités dans des conditions économiquement viables.

Cette protestation intervient alors que des mouvements de mécontentement liés à la hausse du prix du poisson sont également signalés dans d’autres localités ivoiriennes. Pour ces commerçantes, l’augmentation des coûts d’achat réduit les bénéfices et menace la pérennité de leurs petits commerces.

13 000 FCFA de plus en six mois

Les manifestantes avancent des chiffres qui illustrent l’ampleur de leurs difficultés. Selon elles, le carton de poisson, qui coûtait 22 000 FCFA il y a six mois, se vend désormais à 35 000 FCFA. Soit une augmentation de 13 000 FCFA, correspondant à une hausse d’environ 59 %.

Cette progression oblige les vendeuses à consacrer davantage d’argent à leurs achats, alors que leur capacité à répercuter intégralement cette hausse sur les prix de vente reste limitée.

Diomandé Machami, présidente des vendeuses de poissons de Guiglo, met en avant les difficultés auxquelles ses membres sont confrontées. L’achat du carton à 35 000 FCFA auprès des poissonneries complique leur activité et les oblige à revoir leurs prix pour espérer couvrir leurs dépenses.

Vendre plus cher ou risquer de perdre de l’argent

La hausse des coûts place les commerçantes dans une situation délicate. Si elles augmentent les prix au détail, elles risquent de voir certains clients réduire leurs achats ou se tourner vers d’autres produits. Mais si elles maintiennent des prix relativement bas, leurs marges peuvent devenir insuffisantes pour couvrir les dépenses liées à leur activité.

Cette difficulté à préserver leurs revenus sans pénaliser davantage les consommateurs explique la décision de suspendre les ventes. À travers cette action, les commerçantes veulent faire entendre leurs revendications auprès des fournisseurs et des autres acteurs de la filière.

Le prix du poisson au cœur des préoccupations

Les conséquences de cette situation dépassent les seules vendeuses. Une hausse importante du prix du poisson peut également peser sur le budget alimentaire des ménages, pour lesquels ce produit constitue une source importante de nourriture.

Les commerçantes souhaitent donc que des discussions permettent d’identifier une issue durable à la crise. Elles espèrent notamment obtenir une baisse des prix d’approvisionnement, susceptible de leur permettre de poursuivre leurs activités tout en proposant des tarifs plus accessibles à leurs clients.

À Guiglo, l’enjeu est désormais de rapprocher les intérêts des commerçantes, des fournisseurs et des consommateurs, afin de limiter les effets de cette flambée des prix sur l’ensemble de la chaîne de commercialisation du poisson.

 

Related Post

Octobre Rose : le Rotary Club Abidjan Lagunes veut faciliter le dépistage du cancer du sein chez 50 femmes
Côte d’Ivoire : 108 000 porcs abattus, deux ans après les éleveurs attendent toujours 15 milliards FCFA Les producteurs touchés par la peste porcine africaine réclament le paiement de leurs indemnités, deux ans après les abattages sanitaires. À Yopougon, le 24 octobre 2026, l’UNASCEPORCI a demandé au gouvernement de débloquer les fonds et d’accompagner la reprise des exploitations. Deux ans après la crise sanitaire qui a frappé les élevages porcins, les indemnisations restent, selon les producteurs concernés, toujours attendues. L’Union nationale des sociétés coopératives des éleveurs de porcs de Côte d’Ivoire (UNASCEPORCI) a lancé un nouvel appel au gouvernement lors d’une conférence de presse organisée le samedi 24 octobre 2026 à Yopougon. D’après les chiffres communiqués par l’organisation, 108 000 porcs ont été abattus dans le cadre des mesures sanitaires liées à la peste porcine africaine. La crise aurait fragilisé 1 500 familles et occasionné huit décès parmi les éleveurs. Le montant global des pertes est évalué à 15 milliards de FCFA. Le constat dénoncé par l’Union est sans équivoque : aucun des producteurs concernés n’aurait encore reçu d’indemnisation. Les éleveurs réclament un calendrier de paiement Pour justifier leur demande, les responsables de l’UNASCEPORCI invoquent le décret n° 2022-352 du 1er juin 2022, qui encadre l’indemnisation des propriétaires d’animaux abattus pour des raisons sanitaires. Le président de l’organisation, Nawoya Germain, rappelle que les compensations doivent, selon son interprétation du dispositif, être calculées sur la valeur marchande des animaux et versées dans un délai maximal de huit mois. « L’éleveur sacrifie et l’État indemnise », a-t-il déclaré, déplorant l’absence de paiement depuis les abattages. L’Union juge par ailleurs insuffisante la proposition de 4 milliards de FCFA attribuée à l’État, au regard des pertes qu’elle estime à 15 milliards. Elle demande un premier versement dans les 30 jours, suivi du paiement du solde dans les 60 jours suivants. Autre exigence : accorder la priorité aux droits des éleveurs décédés et mettre en place un fonds destiné à prendre en charge les conséquences financières des futurs abattages sanitaires. Banques, reproducteurs et chambres froides : les autres urgences Au-delà des indemnisations, les producteurs veulent retrouver les moyens de faire fonctionner leurs exploitations. L’UNASCEPORCI préconise notamment le report des échéances bancaires, la facilitation de l’acquisition de reproducteurs grâce à des projets de soutien et la réduction des taxes à l’importation. L’organisation insiste également sur le besoin d’infrastructures de conservation. Elle propose la mise à disposition de conteneurs et de chambres froides pour améliorer les capacités de stockage des productions. Ces mesures sont présentées comme nécessaires pour aider les exploitants à surmonter les difficultés financières, alors que certaines fermes auraient interrompu leurs activités. Un enjeu pour la production nationale Pour Nawoya Germain, la relance des élevages porcins dépasse le seul sort des producteurs indemnisés. Elle concerne aussi la capacité du pays à développer sa production locale. Le président de l’UNASCEPORCI affirme que 90 % de la viande consommée en Côte d’Ivoire est importée, contre 10 % produite localement. Cette proportion, avancée par l’organisation, illustre selon lui la nécessité de soutenir les exploitations nationales. Le paiement des indemnités constitue donc la principale revendication immédiate des éleveurs. Mais leur appel porte également sur les conditions d’une reprise durable : accès au financement, renouvellement des cheptels et renforcement des équipements de stockage. Deux ans après les abattages, les producteurs attendent désormais des mesures concrètes pour compenser les pertes subies et reconstruire une activité fortement éprouvée par la crise sanitaire.
Paludisme et changement climatique : à Berlin, l’urgence de renforcer la résilience des systèmes de santé