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Côte d’Ivoire : un sondage international plaide pour une présidentielle « inclusive »

ByÉquipe LeJourPile

Sep 25, 2025

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À un mois du scrutin présidentiel du 25 octobre 2025, un sondage du cabinet américain The Messina Group, fondé par Jim Messina, ancien stratège de Barack Obama, met en lumière une forte demande « d’ouverture et d’inclusion » dans le processus électoral ivoirien.

L’enquête, menée entre le 13 août et le 3 septembre auprès d’un échantillon représentatif, révèle que la majorité des électeurs souhaitent la participation des grandes figures de l’opposition, y compris celles actuellement écartées par la Cour constitutionnelle.

Ainsi, 66 % des partisans d’Alassane Ouattara se disent favorables à la présence de Tidjane Thiam (PDCI) sur la liste électorale, et 55 % d’entre eux souhaitent aussi le retour de Laurent Gbagbo (PPA-CI) dans la compétition. La même tendance vaut pour Charles Blé Goudé (59 %) et Guillaume Soro (56 %), traduisant, selon les analystes, une aspiration transversale à une élection ouverte et compétitive.

En termes d’intentions de vote, l’étude place Alassane Ouattara en tête au premier tour (38 %), suivi de Tidjane Thiam (25 %) et de Laurent Gbagbo (18 %). Les autres candidats recueillent des scores plus modestes : Tiémoko Assalé (5 %), Vincent Toh Bi Irié et Ahoua Don Mello (4 % chacun), et Jean-Louis Billon (2 %). Mais au second tour, le sondage projette une victoire de Tidjane Thiam (57 %) face à Ouattara (43 %), confirmant un scénario déjà observé en avril.

Ces résultats interviennent dans un contexte politique tendu : la Cour constitutionnelle a validé seulement cinq candidatures, dont celle du président sortant, écartant plusieurs poids lourds de l’opposition. Une décision jugée irrévocable, mais qui alimente les accusations de « verrouillage » du processus électoral.

En parallèle, Tidjane Thiam poursuit un lobbying international. En mission aux États-Unis, il a été reçu par le Département d’État et a rencontré le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, Jonathan Pratt. Il s’est également entretenu avec des responsables républicains et démocrates, ainsi qu’avec des institutions influentes comme l’International Republican Institute (IRI), l’American Enterprise Institute (AEI) et la Banque mondiale, où il a échangé avec son président Ajay Banga.

Ce sondage, en donnant voix au souhait populaire d’inclusion, relance le débat sur la crédibilité et la légitimité du scrutin présidentiel ivoirien.

LJP

Équipe LeJourPile