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Crise au PDCI-RDA : Seri Bi N’Guessan appelle Tidjane Thiam à un dialogue interne d’urgence

ByÉquipe LeJourPile

Jan 8, 2026

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Au lendemain des élections législatives du 27 décembre 2025, le vice-président du PDCI-RDA, Seri Bi N’Guessan, sort de sa réserve. Dans une lettre ouverte adressée au président du parti, Tidjane Thiam, dont notre rédaction a pris connaissance, il alerte sur les risques d’un affaiblissement durable de la formation politique et plaide pour un dialogue inclusif immédiat, afin de préserver « un héritage politique majeur ».

Pour l’ancien cadre du parti, le moment impose une lecture lucide de la situation. Sa démarche, insiste-t-il, n’est ni une contestation de l’autorité du président ni une attaque personnelle, mais « un acte de responsabilité militante » guidé par la fidélité à l’œuvre politique de Félix Houphouët-Boigny et d’Henri Konan Bédié. « Le parti ne peut plus éviter le débat sur son avenir », prévient-il.

S’il admet que le déclin électoral du PDCI-RDA ne date pas d’hier, Seri Bi N’Guessan conteste toute explication fondée sur une simple continuité historique. Les chiffres, selon lui, traduisent une rupture nette : « En vingt-cinq ans, le parti a perdu près de 68 % de ses députés. Mais en seulement deux ans de gouvernance actuelle, les pertes atteignent près de 52 % ». Une évolution qui, à ses yeux, impose une remise en cause des orientations récentes.

Le vice-président évoque longuement la défaite de Yamoussoukro, bastion symbolique du PDCI-RDA. La disparition du parti dans toutes les circonscriptions de la capitale politique est, selon lui, « un signal politique fort », révélateur d’un fossé entre les discours tenus dans l’espace numérique et la réalité du terrain.

Dans sa lettre, Seri Bi N’Guessan appelle également à une autocritique interne. Il pointe une succession post-Bédié marquée par la tension, la centralisation des décisions et l’effacement progressif de cadres expérimentés, au détriment de la tradition de dialogue interne. Il critique par ailleurs la prolifération des mouvements de soutien, qu’il juge affaiblissants pour les structures statutaires, ainsi que la mise en place des Hauts Représentants du Président, accusés d’avoir distendu le lien entre la direction et la base militante.

La question des exclusions, notamment celle du professeur Maurice Kakou Guikahué, cristallise aussi ses inquiétudes. Seri Bi N’Guessan estime que ces décisions ont contribué à la division interne et à la perte de sièges électoraux, au détriment de l’intérêt collectif du parti.

Face à ce qu’il décrit comme un moment décisif, le vice-président recentre l’enjeu : « Il ne s’agit pas d’un homme, mais de la survie du PDCI-RDA ». Il invite ainsi Tidjane Thiam à engager un processus de réconciliation véritable, fidèle aux valeurs fondatrices du parti, fondées sur le dialogue, la paix et l’inclusion.

En conclusion, Seri Bi N’Guessan affirme sa détermination à poursuivre cette interpellation tant que les instances statutaires ne seront pas pleinement saisies du débat, rappelant que le PDCI-RDA « dépasse les ambitions individuelles et demeure un pilier de l’histoire politique ivoirienne ».

Ljp
Équipe LeJourPile