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Diffusion d’images intimes : le Ghana interpelle Moscou et réclame justice

ByÉquipe LeJourPile

Fév 18, 2026

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Le Ghana a officiellement convoqué l’ambassadeur de Russie à Accra après la diffusion en ligne d’images sexuellement explicites impliquant des femmes ghanéennes, sans leur consentement. Les autorités dénoncent une violation grave de la loi et appellent à une coopération internationale pour identifier et poursuivre le suspect.

Une convocation diplomatique formelle

La tension est montée d’un cran à Accra. Mardi 17 février 2026, le gouvernement ghanéen a convoqué l’ambassadeur de la Fédération de Russie, Sergei Berdnikov, à la suite de la publication et de la propagation virale d’images intimes impliquant des femmes ghanéennes.

Ces contenus, diffusés sans le consentement des victimes, auraient été mis en ligne par un individu présenté comme étant de nationalité russe. L’affaire, devenue virale sur les réseaux sociaux, a provoqué une vague d’indignation au sein de l’opinion publique.

Selon un communiqué du ministère ghanéen des Affaires étrangères, la convocation s’est faite sur instruction directe du ministre, avec pour objectif d’exprimer la « forte indignation » des autorités face à des actes qualifiés d’« atrocités ».

Une atteinte grave à la dignité et à la loi

Pour Accra, il ne s’agit pas seulement d’un scandale numérique. Les autorités estiment que ces publications constituent une violation flagrante du droit ghanéen, notamment en matière de protection de la vie privée et de lutte contre la cybercriminalité.

La diffusion non consentie d’images intimes est considérée comme une infraction pénale au Ghana. Elle porte atteinte à la dignité des victimes et peut avoir des conséquences psychologiques, sociales et professionnelles durables.

Le gouvernement a donc exigé que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que le ou les responsables soient identifiés et poursuivis conformément à la loi.

La réaction de l’ambassadeur russe

Au cours de l’entretien, l’ambassadeur Sergei Berdnikov a reconnu la gravité des faits évoqués. Il a admis qu’il s’agissait d’une atteinte à la vie privée et à la dignité des femmes concernées.

Le diplomate a également reconnu la dimension cybercriminelle du dossier, soulignant que ce type d’actes relève de formes modernes de criminalité transfrontalière.

Toutefois, il a précisé ne pas être en mesure de confirmer la nationalité russe du suspect présumé. Selon lui, le nom largement relayé dans certains médias ne correspondrait à aucun prénom russe connu. Il pourrait s’agir d’une expression vulgaire ou inappropriée en langue russe, ce qui soulève des doutes sur l’identité réelle de la personne incriminée.

Une affaire à portée internationale

L’ambassadeur a par ailleurs indiqué que des activités similaires attribuées au même individu dans d’autres pays auraient été signalées aux autorités russes. Ces faits feraient actuellement l’objet d’investigations par des experts russes spécialisés en cybercriminalité.

Cette dimension internationale complique le dossier. L’affaire dépasse désormais le cadre national et met en évidence les défis posés par les infractions commises en ligne, souvent depuis l’étranger.

Dans un geste qualifié de bonne volonté, l’ambassade de Russie à Accra s’est dite disposée à partager toute information utile pouvant contribuer à l’identification et à l’arrestation du suspect.

L’enjeu de la coopération judiciaire

Un élément important du dossier concerne l’absence de traité d’extradition contraignant entre le Ghana et la Russie. Cette situation pourrait compliquer d’éventuelles démarches judiciaires si le suspect se trouve hors du territoire ghanéen.

Malgré cela, les autorités des deux pays ont évoqué la possibilité d’une coopération à travers les mécanismes juridiques internationaux existants. Accra entend exploiter toutes les voies diplomatiques et judiciaires disponibles pour faire avancer l’enquête.

Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a assuré l’opinion publique de sa détermination à défendre les droits des victimes et à garantir que justice soit rendue.

Un signal politique fort

Au-delà de l’enquête, la convocation de l’ambassadeur russe constitue un signal politique clair. Le Ghana entend démontrer qu’il ne tolère pas les atteintes à la dignité de ses citoyennes, même lorsque les faits présumés impliquent un ressortissant étranger.

Cette affaire relance également le débat sur la protection des données personnelles et la sécurité numérique dans un contexte de forte utilisation des réseaux sociaux.

Pour de nombreux observateurs, elle souligne l’urgence de renforcer la coopération internationale en matière de cybercriminalité, notamment face à la diffusion non consentie de contenus intimes.

Une affaire suivie de près

Alors que l’enquête se poursuit, l’opinion publique ghanéenne reste attentive aux développements. Les autorités ont promis de communiquer de manière transparente sur l’évolution du dossier.

Ljp

Pour les victimes, l’enjeu est majeur : obtenir justice, mais aussi restaurer leur dignité après une exposition publique subie.

En convoquant l’ambassadeur russe, Accra a choisi la voie diplomatique pour traiter un dossier sensible. Reste désormais à savoir si la coopération annoncée permettra d’aboutir à des poursuites concrètes et à une réponse judiciaire à la hauteur de la gravité des faits.

Équipe LeJourPile