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Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage : l’Union africaine entre mémoire et défis contemporains

ByÉquipe LeJourPile

Mar 25, 2026

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À l’occasion de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, a rappelé, ce 25 mars 2026, l’importance de la mémoire collective et de la justice réparatrice.

Dans son message officiel, il a rendu hommage aux millions d’Africains: femmes, hommes et enfants, arrachés à leurs terres et soumis à des conditions inhumaines, soulignant que cette tragédie continue de peser sur les sociétés africaines et leurs diasporas. Toutefois, au-delà du rappel historique, son intervention soulève des questions cruciales sur l’efficacité des politiques actuelles de l’Union africaine pour traduire cette mémoire en actions concrètes.

Mahmoud Ali Youssouf met en avant le rôle de l’éducation, du devoir de mémoire et du dialogue dans la lutte contre le racisme et la discrimination. Cette position, si nécessaire, invite néanmoins à s’interroger : les programmes éducatifs et initiatives culturelles sont-ils suffisamment financés et coordonnés pour avoir un impact réel sur le terrain ? Les efforts de l’UA restent encore très centrés sur la sensibilisation symbolique, tandis que les séquelles économiques et sociales de l’esclavage, notamment dans les zones les plus affectées par la pauvreté et l’exclusion, nécessitent des politiques plus ciblées et des mécanismes de réparation plus tangibles.

Le président de la CUA plaide également pour un agenda global de justice réparatrice, aligné sur les priorités africaines et les aspirations de la diaspora. Si l’intention est louable, elle se heurte à la complexité géopolitique et aux divergences entre États membres, qui freinent la mise en œuvre d’initiatives concrètes telles que des compensations économiques ou des programmes de développement ciblés.

Cette journée de commémoration, bien qu’essentielle pour renforcer la résilience et l’identité africaine, met en lumière la tension entre le devoir de mémoire et l’urgence d’actions concrètes pour corriger les inégalités héritées de la traite transatlantique. L’appel de l’UA à la solidarité mondiale et à la vigilance contre toutes formes d’intolérance doit ainsi s’accompagner d’un plan d’action précis pour que la mémoire ne reste pas seulement symbolique, mais devienne un levier de transformation sociale et économique pour les peuples africains et leur diaspora.

Ljp