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Décès à 84 ans de l’ancien président, pilier de la stabilité durant la guerre civile
L’Algérie pleure Liamine Zeroual, ancien président de 1994 à 1999, décédé samedi 28 mars 2026 à 84 ans à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja. Sa carrière politique, marquée par un passage au pouvoir dans un contexte de violences extrêmes, fait de lui une figure centrale pour comprendre la consolidation de l’État algérien dans les années 1990.
Issu de l’Armée de libération nationale et né à Batna en 1941, Zeroual accéda à la présidence dans un pays plongé au cœur d’une guerre civile qui opposait forces étatiques et mouvements islamistes armés. Son mandat, souvent qualifié de « présidence de transition », visait à restaurer l’ordre tout en amorçant timidement des réformes politiques et sociales.
La tenue de la première élection présidentielle pluraliste en novembre 1995 fut un moment clé de son mandat. Vainqueur écrasant, il choisit pourtant d’écourter son mandat en 1998, face à des tensions internes, laissant ainsi la place à Abdelaziz Bouteflika. Ce retrait volontaire est perçu comme un geste stratégique pour préserver la cohésion nationale et éviter l’escalade des conflits internes.
L’héritage de Zeroual réside dans sa capacité à concilier autorité militaire et ouverture politique, tout en préservant l’institution présidentielle face aux crises. Sa popularité durable, même après son retrait, témoigne de la reconnaissance de sa prudence et de son sens de l’État.
Le gouvernement algérien a décrété trois jours de deuil national et la mise en berne des drapeaux, soulignant le respect envers un dirigeant qui a su guider le pays dans une période périlleuse. Aujourd’hui, la mémoire de Liamine Zeroual invite à réfléchir sur le rôle crucial des présidents de transition dans les contextes de crise et sur la manière dont des choix personnels peuvent influer sur la trajectoire politique et sociale d’une nation.
Sonia Coulibaly
