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À l’heure où les paris en ligne explosent sur le continent, les sociétés africaines de loterie sonnent l’alarme. Ce mardi 24 juin 2025, à Abidjan, l’Association des loteries d’Afrique (ALA) a réuni plus de 100 experts pour affronter un défi majeur : encadrer l’intelligence artificielle (IA) dans un secteur désormais exposé aux risques de manipulation, de fraude et de dérives sociales.
« L’IA est dans nos poches, dans nos habitudes, dans nos décisions. Si nous ne la maîtrisons pas, elle nous maîtrisera », a prévenu Doumbia Fassery, directeur général du PMU Mali et premier vice-président de l’ALA. Un constat aussi lucide qu’inquiétant, alors que les téléphones portables sont devenus des casinos portatifs, accessibles 24h/24, sans aucun filtre d’âge ni garde-fou éthique.
L’objectif de ce forum, organisé à Marcory, est clair : ne pas laisser le progrès technologique dépasser la régulation. Car les dangers sont bien réels. La banalisation des jeux en ligne, combinée à la puissance algorithmique de l’IA, ouvre la voie à une nouvelle ère d’addictions silencieuses, de fraudes sophistiquées et de pertes massives pour les États africains.
Les participants se penchent sur des thématiques stratégiques : comment l’IA peut-elle aider à détecter les fraudes ? Quel cadre légal pour protéger les usagers ? Quels outils pour prévenir la cybercriminalité ? Des interrogations cruciales dans un environnement où les gains sont instantanés, mais les conséquences, souvent invisibles et durables.
Présidée par Dramane Coulibaly, directeur général de la LONACI, l’ALA veut être à l’avant-garde d’une régulation intelligente. Elle fédère 13 pays africains autour d’une ambition commune : bâtir des systèmes de jeux transparents, sécurisés et responsables. Mais au-delà des outils techniques, c’est une vision politique et sociale qu’il faut désormais affirmer : celle d’un numérique au service des citoyens, et non des profits à tout prix.
Alors que le numérique redessine en profondeur l’industrie des jeux, ce forum agit comme un cri d’alerte. Pour que l’Afrique ne soit pas simplement une terre de consommation technologique, mais un continent capable de réguler, de protéger et d’innover avec responsabilité.
Loba Perez
