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Des révélations inédites émergent autour de la détention de plusieurs prisonniers politiques arrêtés dans le contexte post-électoral de la présidentielle d’octobre 2025. D’anciens détenus du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), récemment libérés de l’ex-Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), aujourd’hui Pôle pénitentiaire d’Abidjan, brisent le silence sur l’assistance discrète mais continue qu’ils affirment avoir reçue du député-maire de Cocody, Jean-Marc Yacé.
Longtemps restée dans l’ombre, cette chaîne de solidarité commence à être dévoilée à travers plusieurs témoignages concordants d’anciens détenus et de leurs proches. Selon eux, l’élu local aurait assuré, durant plus de sept mois, un accompagnement matériel, alimentaire et juridique à treize détenus politiques, parmi lesquels huit militants du PDCI-RDA et cinq du PPA-CI.
Parmi les bénéficiaires figure Brou Dénis, permanent de la délégation Cocody I du PDCI-RDA, récemment remis en liberté. Son témoignage, comme celui de plusieurs autres ex-détenus, décrit un soutien constant et structuré, déployé dans la discrétion la plus totale.
Mais ce qui marque particulièrement les anciens prisonniers, c’est le caractère transpartisan de cette aide. Selon plusieurs confidences, Jean-Marc Yacé aurait refusé toute discrimination politique dans l’assistance apportée. Informé que des militants du PPA-CI partageaient les mêmes conditions de détention que ceux du PDCI-RDA, il aurait expressément demandé que tous soient pris en charge, sans distinction.
« Il aurait pu réserver son assistance uniquement aux militants de son parti, mais il a demandé que tout le monde soit pris en compte », rapporte un proche d’un ex-détenu du PPA-CI, saluant un acte « d’humanité et de solidarité » dans un contexte particulièrement éprouvant.
Sur le terrain, cette opération de soutien aurait été coordonnée avec discrétion par Mme Nina Kouakou, présidente des femmes du PDCI-RDA de la délégation Cocody 4. Contactée, elle confirme avoir joué le rôle d’interface entre le député-maire et les détenus durant toute la période carcérale.
Selon ses explications, un budget était débloqué toutes les deux semaines pour assurer l’approvisionnement en nourriture et en produits de première nécessité. Face aux restrictions imposées à l’entrée de l’établissement pénitentiaire, un système interne aurait été mis en place afin que les détenus puissent eux-mêmes cuisiner leurs repas dans des conditions plus dignes.
« Il insistait pour que personne ne sache ce qu’il faisait », confie-t-elle, mettant en avant la volonté manifeste de Jean-Marc Yacé d’agir loin de toute médiatisation.
Au-delà de l’aide alimentaire, plusieurs ex-détenus évoquent également une assistance judiciaire significative. Des avocats auraient été mobilisés pour assurer leur défense et suivre leurs dossiers tout au long de leur incarcération.
« Il a été présent du début jusqu’à notre sortie. Grâce à cette aide, nous n’avons manqué de rien », témoigne Brou Dénis, exprimant sa gratitude envers celui qu’il considère comme un soutien majeur dans l’une des périodes les plus difficiles de sa vie.
Ces révélations jettent une lumière nouvelle sur les réseaux de solidarité politique et humaine qui se sont discrètement organisés autour des détenus post-électoraux. Pour plusieurs observateurs, cette assistance attribuée à Jean-Marc Yacé dépasse le simple engagement partisan et pourrait renforcer son image d’acteur de proximité, capable de transcender les clivages politiques dans des moments de crise.
Ljp
