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Mali: les autorités ferment le siège de Barrick Gold,

ByÉquipe LeJourPile

Avr 16, 2025

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Les autorités maliennes ont procédé, le mardi 15 avril 2025, à la fermeture du siège à Bamako de la société minière canadienne, sur fond de litige fiscal prolongé. Malgré un accord signé en février, les tensions restent vives entre l’État malien et la multinationale canadienne Barrick Gold, dont les opérations minières sont suspendues depuis janvier.

Selon plusieurs sources proches du dossier, cette décision s’inscrit dans le cadre d’un différend persistant portant sur des arriérés fiscaux que l’État malien impute à l’entreprise. Le complexe minier de Loulo-Gounkoto, situé dans l’ouest du Mali, n’est pas directement concerné par cette fermeture. Bien que ses opérations demeurent suspendues depuis la mi-janvier.

Le désaccord entre les deux parties remonte à 2023. Notamment après l’adoption par le Mali d’un nouveau code minier. Lequel code  renforce les prérogatives de l’État dans le secteur aurifère. Augmentant la part de participation publique dans les projets miniers.

Barrick Gold, dont le siège mondial est basé à Toronto, avait contesté certaines modalités d’application du nouveau cadre législatif. Malgré plusieurs cycles de négociations, le différend s’est accentué. Surtout avec la saisie, en janvier 2025, de près de trois tonnes d’or par les autorités maliennes. La quantité représentait une valeur d’environ 245 millions de dollars.  Un montant que le gouvernement estime liée à des obligations fiscales non respectées.

En février dernier, un accord avait pourtant été signé entre Barrick et le gouvernement malien. Cet accord prévoyait, selon les termes rapportés par Reuters, un paiement de 275 milliards de francs CFA. Soit environ 438 millions de dollars par l’entreprise . En contrepartie de la libération d’employés détenus, de la restitution de l’or saisi? de la reprise des exportations et des opérations minières.

Selon Barrick, la mise en œuvre de l’accord a été retardée par des blocages internes au sein de l’administration malienne. Certaines personnes privilégiant des considérations personnelles ou politiques. Le gouvernement, pour sa part, n’a pas officiellement communiqué sur les raisons de ce blocage.

Dans un communiqué publié le jour même, Barrick a confirmé la fermeture de son bureau de Bamako. Notamment selon lui, par des départements gouvernementaux. Il a déclaré être disposée à honorer l’accord conclu en février. Ce, en reprenant immédiatement la production si les conditions sont réunies. L’entreprise affirme également que ses équipes sur place n’ont plus accès à leurs bureaux, mais que le site de Loulo-Gounkoto reste opérationnel bien que suspendu. Des transferts de personnel malien vers d’autres sites du groupe, notamment la mine de Kibali en République démocratique du Congo, ont déjà été entamés. Selon une source citée par Reuters, environ quarante agents ont été redéployés, et une centaine d’autres pourraient suivre.

Le différend entre Barrick Gold et le Mali s’inscrit dans un contexte régional marqué par une volonté croissante des États de récupérer davantage de revenus issus de l’exploitation minière, dans un mouvement souvent qualifié de nationalisme des ressources. Le Mali, dirigé par des autorités de transition issues des coups d’État de 2020 et 2021, multiplie les initiatives visant à renforcer sa souveraineté économique, y compris à travers un contrôle accru du secteur extractif.

Alors que des discussions sont toujours en cours, des sources proches du dossier estiment qu’un dénouement pourrait intervenir dans les prochains jours, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée à ce stade.

Équipe LeJourPile