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Marchés financiers : la Côte d’Ivoire lève 40 milliards FCFA et séduit deux fois plus d’investisseurs

ByÉquipe LeJourPile

Sep 24, 2025

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Dans les bureaux feutrés d’Umoa-Titres, à Dakar, les écrans affichaient ce 23 septembre 2025 un chiffre qui a retenu l’attention : 81,55 milliards de FCFA. Soit le double de ce que la Côte d’Ivoire cherchait à lever sur le marché régional. À l’autre bout, à Abidjan, au sein du Trésor public, le sourire était discret mais perceptible : une fois de plus, la signature ivoirienne a séduit.

L’État avait sollicité 40 milliards de FCFA via une émission de Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 91 jours, échéance au 23 décembre. La demande a explosé, affichant un taux de couverture de 203,88 %. Autrement dit, pour chaque franc CFA recherché, les investisseurs en ont proposé deux.

« C’est un signe de confiance fort, surtout dans un contexte où d’autres économies de la région peinent à mobiliser des ressources », confie un analyste basé à Lomé.

Dans le détail, la Côte d’Ivoire elle-même a fourni l’essentiel des offres avec 76,35 milliards déposés, dont 37,8 milliards retenus. Le Bénin a suivi avec 5,1 milliards proposés (2,1 milliards retenus). Le Burkina Faso a, lui, apporté 100 millions, entièrement acceptés. Silence radio du côté du Sénégal, du Mali, du Niger, de la Guinée-Bissau et du Togo, absents de cette adjudication.

Côté conditions financières, l’État a joué la carte de la sélectivité : rendement moyen pondéré à 5,94 %, taux marginal à 6,005 %. Pas d’Opérations Non Compétitives (ONC) malgré une enveloppe prévue. « Abidjan a choisi la discipline et les meilleures offres », glisse un cadre d’une banque régionale.

Pour les experts, l’opération va bien au-delà de la simple gestion de trésorerie. Elle confirme la place centrale d’Abidjan dans l’architecture financière de l’Uemoa. Alors que la confiance des investisseurs s’effrite ailleurs, la Côte d’Ivoire s’impose comme une valeur refuge.

Un banquier résume : « Ces 40 milliards, ce n’est pas qu’une levée de fonds. C’est un message envoyé au marché : la Côte d’Ivoire reste solide, attractive et prévisible. Et ça, pour un investisseur, ça vaut de l’or. »

LJP

Équipe LeJourPile