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Au moins 21 personnes, dont deux policiers, ont trouvé la mort dans les violences au lendemain de la confirmation de la victoire électorale contestée du parti Frelimo, au pouvoir depuis 1975.
Notamment, entre manifestants et policiers qui alimentent les tensions au Mozambique. Ce, après l’annonce, des résultats par le Conseil Constitutionnel mozambicain le 23 décembre 2024.
« Humiliation du peuple »
Des véhicules, des commissariats ou postes de péage sur les routes, ont aussi été vandalisés dans la partie septentrionale du pays, selon les médias locaux, où l’opposition est forte.
En tout, 236 « actes de violences graves » ont été répertoriés dans le pays lusophone d’Afrique australe dans les dernières 24 heures, faisant aussi 25 blessés dont 13 policiers, a détaillé le ministre de l’Intérieur devant la presse mardi soir.
« Des groupes d’hommes utilisant des armes blanches et des armes à feu ont mené des attaques contre des commissariats, des centres de détention et d’autres infrastructures », a-t-il affirmé, précisant que 86 détenus s’étaient fait la belle dans le tumulte.
La contestation post-électorale sans précédent a déjà fait plus d’une centaine de morts et le principal opposant Venancio Mondlane, 50 ans, qui revendique la victoire, a appelé à durcir le mouvement.
La contestation post-électorale sans précédent a déjà fait plus d’une centaine de morts et le principal opposant Venancio Mondlane, 50 ans, qui revendique la victoire, a appelé à durcir le mouvement. Les Mozambicains réclament « la vérité électorale », a-t-il répété. « Nous devons continuer le combat! », a-t-il indiqué.
« Venancio », comme l’appelle la rue, ne désarme pas, accusant mardi, dans un nouveau message sur les réseaux sociaux, le Conseil constitutionnel de « légaliser la fraude » et « l’humiliation du peuple ».
« Nous voulons créer une Cour constitutionnelle populaire, qui consacrera Venancio Mondlane comme président, je serai assermenté et investi » par celle-ci, a-t-il ajouté.
Le parti d’opposition Podemos, auquel s’est adossé « Venancio » lors de la présidentielle, a dénoncé devant la presse « le manque de transparence, d’intégrité et de professionnalisme » de la plus haute cour du pays, inféodée selon lui au pouvoir.
Après une nuit de violences et plus de deux mois de manifestations depuis le scrutin présidentiel du 9 octobre, la capitale Maputo est restée figée dans un climat de peur.
« L’hôpital central de Maputo fonctionne dans des conditions critiques, plus de 200 salariés n’ont pas pu se rendre » au travail, a affirmé à l’AFP Mouzinho Saide, son directeur, précisant avoir reçu près de 90 blessés, « dont 40 par armes à feu et quatre à l’arme blanche ».
Malgré les irrégularités soulevées par nombre d’observateurs lors du scrutin présidentiel, le Conseil constitutionnel a confirmé lundi 23 décembre 2024, l’élection de Daniel Chapo, candidat du Frelimo, à la présidence avec 65,17% des voix. Moins que les 71% des suffrages annoncés par la commission électorale en octobre. A l’Assemblée nationale, le parti conserve une large majorité de 171 sièges sur 250.
Daniel Chapo, ancien gouverneur provincial qui doit prendre ses fonctions à la tête de l’Etat mi-janvier, a promis de « continuer à parler à tout le monde », y compris avec le premier opposant.
LE JOUR PILE
