• dim. Mar 8th, 2026

Mozambique : des dizaines d’enfants arrachés à leur vie par un groupe armé, l’indignation monte

ByÉquipe LeJourPile

Juin 24, 2025

👁 9,515 vues

Plus de 120 enfants enlevés depuis janvier 2025. C’est le chiffre glaçant rapporté par Human Rights Watch (HRW) sur la situation dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique. Derrière ce chiffre, autant de destins brisés par la violence d’un groupe armé affilié à l’organisation État islamique, connu localement sous le nom d’Al-Shabab — sans lien avec le groupe somalien éponyme.

Ces enfants, enlevés dans leurs villages, sont contraints à des mariages forcés, utilisés comme esclaves, transporteurs de butin, voire enrôlés comme combattants. Des pratiques qui rappellent les pires pages des conflits armés contemporains, dans un silence international assourdissant.

« Au moins 120 enfants ont été enlevés ces derniers jours », alerte Abudo Gafuro, directeur de l’ONG locale Kwendeleya. Mumu, Chibau, Ntotwe, Magaia… Les localités s’ajoutent à la liste noire, comme autant de points rouges sur la carte de l’horreur. À Muidumbe, huit enfants ont disparu début mai. Seuls quelques-uns ont été relâchés, les autres demeurent introuvables.

Pour Ashwanee Budoo-Scholtz, directrice adjointe Afrique chez HRW, la situation est claire : « Cette vague d’enlèvements ajoute à l’horreur du conflit en cours ». Elle appelle à la libération immédiate des enfants captifs. Un appel de plus, face à un drame qui se répète dans l’indifférence.

Depuis 2017, Cabo Delgado est ravagée par une insurrection brutale. Plus d’un million de personnes ont été déplacées, des milliers tuées. Malgré les richesses gazières de la région, la population locale vit dans la peur et l’insécurité permanente.

Et que deviennent les rares enfants qui parviennent à s’échapper ? Livrés à eux-mêmes, marginalisés, sans accompagnement psychologique ni structures d’accueil adaptées. « Il est urgent d’élaborer une stratégie nationale pour accompagner ces enfants rescapés », plaide Benilde Nhalivilo, du Forum de la société civile pour les droits de l’enfant.

HRW appelle les autorités mozambicaines à prendre leurs responsabilités : renforcer les dispositifs de protection, poursuivre les responsables, et surtout, garantir un avenir à ces enfants marqués à vie. Car derrière les statistiques, ce sont des voix, des visages, des enfances volées. Et un silence qui ne devrait plus durer.