👁 2,679 vues
Le président ivoirien Alassane Ouattara ne fera finalement pas le déplacement à New York pour la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, qui s’ouvre le 20 septembre. Prévu de longue date, ce voyage a été annulé à la dernière minute, selon Jeune Afrique, dans un contexte de fortes tensions politiques internes à quelques semaines d’une présidentielle explosive fixée au 25 octobre.
Initialement attendu aux côtés de nombreux chefs d’État, dont Emmanuel Macron, qui voyait en lui un soutien à son initiative pour la reconnaissance d’un État palestinien, Ouattara a décidé de rester à Abidjan. Il a confié la conduite de la délégation ivoirienne à son ministre d’État et conseiller Patrick Achi, tandis que son discours sera finalement lu à la tribune onusienne par le ministre des Affaires étrangères, Léon Kacou Houadja Adom.
Un climat politique sous haute tension
Si le chef de l’État a choisi de renoncer à New York, c’est avant tout pour garder la main sur un terrain politique fragilisé. Le Conseil constitutionnel a écarté de la présidentielle plusieurs figures de poids de l’opposition : l’ex-président Laurent Gbagbo, l’ex-banquier Tidjane Thiam et le leader du FPI Pascal Affi N’Guessan. Une décision jugée arbitraire et antidémocratique par leurs partisans, qui dénoncent un verrouillage du jeu électoral.
Dans les rangs de l’opposition, les appels à la mobilisation se multiplient contre un quatrième mandat de Ouattara, qualifié d’« anticonstitutionnel » par ses adversaires. Pour l’heure, les manifestations restent circonscrites, mais le président préfère surveiller la rue et ses adversaires plutôt que de s’exposer à la tribune des Nations unies.
Une campagne qui s’accélère
Car dans l’ombre, la machine électorale du RHDP s’organise. Le Premier ministre Robert Beugré Mambé et Gilbert Koné Kafana, président du directoire du parti, sont pressentis pour piloter la campagne, entourés de plusieurs co-directeurs. L’heure est à la mobilisation totale pour verrouiller l’échéance du 25 octobre.
À cette pression électorale s’ajoute un autre défi : le calendrier politique compressé. Les législatives, initialement prévues pour 2026, ont été ramenées au 27 décembre 2025. Le président doit donc jongler entre la bataille présidentielle, la préparation des législatives et les arbitrages budgétaires pour 2026.
Un choix révélateur
En annulant sa participation à l’Assemblée générale de l’ONU, Alassane Ouattara envoie un signal clair : l’enjeu n’est plus à New York, mais à Abidjan. Sa priorité est désormais de contrôler le tempo politique interne, face à une opposition fragmentée mais déterminée, et à une rue qui pourrait s’embraser à tout moment.
LJP
