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Le rideau est tombé pour Maurice Kamto. Ce 5 août 2025, le Conseil constitutionnel du Cameroun a confirmé l’invalidation de sa candidature à la présidentielle du 12 octobre, rejetant le recours déposé par ses avocats. Une décision qui scelle son exclusion du scrutin présidentiel.
« La décision s’impose à tous », a déclaré Me Hippolyte Meli Tiakouang, l’un des avocats de l’opposant, à la sortie de l’audience. Pour lui, ce rejet, qu’il juge sans surprise, « confirme l’éviction politique » de son client, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Et de dénoncer une justice aux ordres : « Le Conseil constitutionnel, c’est 3 % de droit, 97 % de politique. »
La haute juridiction a ainsi validé l’argument d’Élections Cameroon (ELECAM), qui avait disqualifié Maurice Kamto pour « pluralité d’investiture ». En se présentant sous l’étiquette du MANDEM, tout en étant porté par le MRC, l’opposant aurait enfreint l’obligation d’une investiture unique, selon le Code électoral.
Treize autres candidatures ont été validées par ELECAM, dont celle du président sortant Paul Biya, 92 ans, qui brigue un nouveau mandat. Le 13 juillet, il avait annoncé : « Je suis candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Ma détermination à vous servir est à la mesure des défis que nous devons affronter. »
L’opposition, elle, crie au verrouillage du processus. Maurice Kamto, principal rival de Paul Biya lors de la présidentielle de 2018, ne pourra plus espérer un retour par la voie judiciaire. « Le droit est clos, le reste est politique », conclut son avocat.
Dans un climat politique déjà crispé, cette disqualification majeure alimente les doutes sur la transparence et l’équité du scrutin à venir.
LJP
