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C’est une victoire qui a le goût de papier, de sueur et de rêve tenace. L’artiste ivoirienne Mylène Amon entre officiellement dans l’histoire : 203 fleurs en origami pliées en une heure, un record Guinness validé ce 25 juillet 2025. Mais derrière cette performance chronométrée se cache un combat bien plus profond : celui d’une femme artiste, africaine, qui refuse les cases et les silences.
En février dernier, elle frôle déjà l’exploit avec une série de 130 portraits en illusion d’optique, réalisés en 120 heures. Un projet de folie, ambitieux, mais que les critères rigides du Guinness ne retiendront pas. Pour beaucoup, l’histoire se serait arrêtée là. Pas pour Mylène. « J’ai persévéré, j’ai changé d’angle, mais je suis restée fidèle à mon amour pour le Paper-Art », lâche-t-elle, la voix vibrante d’une volonté qui refuse de plier, elle, sous les refus.
Cette fois, c’est la consécration. Avec la grâce d’un geste répété deux cents fois, avec la patience d’un art ancestral japonais réinventé par une main ivoirienne, Mylène Amon inscrit son nom là où peu osent rêver d’aller. Et elle le fait en portant haut les couleurs d’une Côte d’Ivoire créative, audacieuse, résolument debout sur la scène mondiale.
Mais Mylène ne revendique pas ce triomphe pour elle seule. « Merci à tous pour le soutien, l’amour et la force que vous m’avez donnés. Cette distinction est la vôtre », écrit-elle, fidèle à sa vision d’un art qui rassemble et inspire.
Dans un monde où les projecteurs brillent rarement sur les artistes africains hors des sentiers battus, cette victoire est bien plus qu’un chiffre. C’est un manifeste silencieux, plié en 203 pétales de papier : celui de la persévérance, du talent et de la beauté comme force de résistance.
Loba Perez
