👁 6,311 vues
Ce n’est pas qu’un changement de nom. C’est un changement de stratégie. Après plusieurs années de mobilisation autour des difficultés spécifiques des instituteurs adjoints, le Mouvement des Instituteurs Adjoints de Côte d’Ivoire (MIACI) veut désormais élargir le front syndical. Réunis les 1er et 2 septembre 2026 au siège de l’Union nationale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UNATR-CI), à Yopougon, les congressistes ont décidé de transformer leur organisation en Coalition des enseignants pour la conquête de leurs droits (CECOD).
Derrière cette nouvelle appellation se trouve une ambition clairement affichée : fédérer les enseignants autour de revendications communes et peser davantage dans les négociations sur leurs conditions de carrière et de travail.
La promotion professionnelle des instituteurs adjoints (IA) reste toutefois au cœur du combat. Parmi les principales revendications figure la rétrocession du concours de promotion des IA à l’examen pédagogique, ainsi que la nécessité de renforcer leurs perspectives d’évolution professionnelle.
À cette bataille s’ajoute celle de la prime d’incitation des enseignants, dossier défendu au niveau intersyndical. Porte-parole principal de l’IS-MENA/IS-METFPA, Bli Blé David a réaffirmé la volonté de poursuivre les discussions avec le gouvernement, estimant que les études et éléments nécessaires à l’examen de cette revendication sont désormais disponibles.

Le congrès a également consacré la continuité à la tête de la nouvelle structure. Armel Yavo, ancien secrétaire général du MIACI, a été reconduit par acclamation comme secrétaire général national de la CECOD.
« Votre mobilisation et votre confiance placée sur ma personne à l’issue de ce congrès est pour moi une grande responsabilité. Avec l’ensemble du nouveau bureau, dans l’unité, la solidarité et la détermination pour défendre l’intérêt de la CECOD et revendiquer les droits des enseignants de Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.
Armel Yavo sera notamment accompagné de Adopo Fidèle Alex, élu commissaire aux comptes, et de Kakou Alain Franck, élu président du Conseil syndical de la CECOD, chargé du règlement des conflits internes. Tous deux ont été élus au cours du congrès.
Parrain de la rencontre, Dr Yves Kodibo, secrétaire général de l’UNATR-CI, a appelé les enseignants à faire de l’unité, de la discipline et du dialogue social des leviers essentiels de leur action. Il a également insisté sur la nécessité de privilégier la négociation, la grève devant, selon lui, demeurer un ultime recours.
Avec le CECOD, le MIACI veut donc passer d’un combat catégoriel à une mobilisation collective. Promotion, carrière, prime d’incitation et défense des intérêts professionnels constituent désormais les principaux fronts d’une organisation qui entend faire de l’unité des enseignants son nouveau levier de revendication.
L.C.
