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Les forces armées sénégalaises et mauritaniennes ont intensifié leur collaboration sécuritaire en menant une patrouille fluviale conjointe dans la zone frontalière, a annoncé mercredi la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA). L’opération, conduite par les éléments de la Zone militaire n°4, a couvert plusieurs localités entre Bakel-Aroundou et Diougountourou, à proximité du Mali.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’Opération Karangué (« sécurité », en wolof), destinée à protéger les régions de Tambacounda et Kédougou et, plus largement, la frontière Est du Sénégal. Elle intervient dans un climat sécuritaire tendu : le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM/JNIM) a multiplié, depuis juillet, les attaques dans l’ouest malien, perturbant notamment le corridor stratégique Kidira-Bamako et allant jusqu’à imposer un blocus autour des villes de Kayes et Nioro du Sahel.
Le Sénégal et la Mauritanie multiplient ainsi leurs efforts coordonnés pour contrer la menace, après d’autres patrouilles mixtes déjà menées en mai dernier. Le 10 septembre, l’armée malienne a par ailleurs confirmé avoir escorté sans incident des camions-citernes en provenance du Sénégal, preuve des enjeux sécuritaires liés aux échanges commerciaux.
La sécurisation de ces corridors est d’autant plus cruciale que le Mali demeure le premier partenaire africain du Sénégal, avec plus de 802 milliards de francs CFA d’exportations en 2024, soit près de 21 % du total des exportations sénégalaises.
Au-delà de la coopération militaire, l’enjeu est double : contenir l’expansion terroriste dans la bande sahélienne et préserver les flux économiques vitaux pour les populations frontalières comme pour les capitales.
LJP
