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La ville historique de Grand-Bassam accueille du 31 au 10 août 2025 la 8ᵉ édition de la Semaine Internationale des Arts de Grand-Bassam(SIAB). Un événement phare qui célèbre l’artisanat, la diversité culturelle et le dialogue des peuples. Cette année, le Ghana est à l’honneur parmi les 20 pays participants à cette rencontre placée sous le thème : « Artisanat d’art, facteur de valorisation du patrimoine culturel ».
L’ouverture officielle de cette célébration organisée le 1er août 2025, a connu la présence des autorités préfectorale et communale de la ville. Notamment le préfet Nassou Sidibè et le maire Jean Louis Moulot. A cette occasion, le Commissaire général de la Semaine Internationale des Arts de Grand-Bassam, Ali Cissé a posé les bases d’une édition ambitieuse et profondément enracinée dans la valorisation des identités culturelles africaines.
« Nous partons avec l’artisanat et la culture vers un brassage universel », a-t-il déclaré d’emblée, insistant sur la portée intercontinentale de cet événement artistique qui ne cesse de grandir.
Un retour aux sources comme boussole
Le thème de cette 8ᵉ édition s’inscrit dans une volonté assumée de renouer avec les fondamentaux culturels du continent africain. Pour le Commissaire général, il ne s’agit pas d’un simple retour au passé, mais plutôt d’un recours aux traditions :
« Nous avons enterré certaines de nos cultures en en adoptant d’autres venues d’ailleurs. Aujourd’hui, cela nous pèse, car nous avons négligé l’harmonie entre l’héritage africain et les influences extérieures. »
À travers cette démarche, les organisateurs veulent susciter une prise de conscience collective : malgré les spécificités locales, les pays africains partagent une base culturelle commune qu’il s’agit d’harmoniser sans renier leurs singularités.
Dix jours de célébration et de réflexion
Pendant dix jours, Grand-Bassam devient un carrefour artistique et culturel. Au programme : expositions-ventes, village gastronomique, conférences thématiques, animations et rencontres entre artisans, visiteurs et institutions.
« Ce sera l’occasion de réfléchir ensemble à l’avenir de l’artisanat africain et d’interpeller les États sur la nécessité de mieux accompagner ce secteur porteur », a expliqué le Commissaire.
L’artisanat, un secteur résilient à l’ère de l’intelligence artificielle
Soulignant la transformation du métier d’artisan, autrefois transmis de père en fils, il rappelle que désormais, de nombreux artisans sont hautement diplômés, preuve que ce domaine n’est plus marginal. Il ajoute que l’artisanat est l’un des rares secteurs non menacés par l’intelligence artificielle, mais au contraire, renforcé par elle.
« Contrairement à d’autres métiers voués à disparaître, l’IA ne tue pas l’artisanat. Elle peut même contribuer à son développement. »
Une forte affluence attendue
Avec plus de 372 stands attendus, et une moyenne de deux exposants par stand, les organisateurs estiment à près de 800 participants le nombre d’artisans présents cette année, sans compter les milliers de visiteurs attendus tout au long de la semaine.
« Je ne suis pas bon mathématicien, mais je suis un bon artisan », a lancé le Commissaire, non sans humour, pour souligner l’ampleur croissante de l’événement.
Loba Perez

