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La crise interne à l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) connaît une nouvelle escalade, à quelques jours du 12ᵉ Congrès ordinaire prévu le 25 mars 2026. Deux dynamiques opposées se dessinent désormais : l’une prônant le report pour favoriser la médiation, l’autre exigeant des préalables avant toute suspension du processus.
Le 22 mars 2026, le Conseil des sages, élargi aux anciens présidents de l’Union, a recommandé de surseoir à la tenue du congrès, estimant que la judiciarisation du conflit compromet les conditions d’un scrutin apaisé. L’organe, conduit notamment par Yao Noël, appelle à la patience et à la poursuite des efforts de médiation pour parvenir à un consensus.
Dans cette logique, César Etou Lahoua, figure expérimentée de l’UNJCI, a proposé la tenue, dès le 23 mars, d’une réunion du Conseil des sages élargi afin d’établir un chronogramme de médiation d’urgence. Il a également plaidé pour la suspension temporaire des procédures judiciaires et du processus d’organisation du congrès, dans le but de donner une chance à un règlement apaisé.
Mais cette approche ne fait pas l’unanimité. En parallèle, le Collectif pour le respect des journalistes ivoiriens maintient une position ferme : aucun report du congrès ne devrait intervenir sans retrait préalable des actions en justice. Pour ce groupe, toute suspension sans garanties claires risquerait d’entretenir une instabilité institutionnelle et de fragiliser la légitimité des instances dirigeantes.
Ce double discours illustre la profondeur de la crise. D’un côté, une volonté d’apaisement à travers la médiation ; de l’autre, une exigence de clarification juridique avant toute décision majeure. Entre ces deux lignes, le risque est réel de voir le congrès devenir un point de rupture plutôt qu’un moment de résolution.
Au-delà des divergences, tous les acteurs s’accordent néanmoins sur un point : la nécessité de préserver l’unité, la crédibilité et la cohésion de la faîtière des journalistes ivoiriens, fondée en 1991.
À l’approche de l’échéance du 25 mars, l’UNJCI se trouve ainsi à un moment charnière, où chaque décision pourrait soit ouvrir la voie à une sortie de crise durable, soit accentuer les fractures internes et exposer davantage la corporation sur la scène publique.
Loba P.
