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UNJCI : le 12e congrès sous la menace d’un contentieux électoral

ByÉquipe LeJourPile

Fév 18, 2026

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À la veille du 12e congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), prévu les 20 et 21 février 2026, une procédure judiciaire engagée contre un candidat à la présidence du Conseil exécutif vient assombrir le processus électoral. Le « Collectif des journalistes pour le respect des textes » conteste l’éligibilité de Franck Ettien et invoque des manquements statutaires susceptibles de compromettre la tenue du scrutin.

Le rendez-vous devait marquer un temps fort pour la profession. Il pourrait finalement se transformer en épreuve institutionnelle. À quelques jours du 12e congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), une action en justice visant un candidat à la présidence du Conseil exécutif fait planer le doute sur le maintien de l’échéance.

Franck Ettien, soutenu par le président sortant Jean Claude Coulibaly, a été assigné en justice par le « Collectif des journalistes pour le respect des textes ». Selon des informations recueillies auprès de son entourage, une citation à comparaître lui a été signifiée mercredi par un commissaire de justice.

Cette initiative judiciaire pourrait entraîner un nouveau report du congrès, programmé les 20 et 21 février 2026, si la juridiction saisie décide de suspendre le processus électoral dans l’attente d’un examen au fond.

Des conditions d’éligibilité contestées

À l’origine de la procédure, des interrogations sur la conformité du dossier de candidature de Franck Ettien. Le collectif affirme que les exigences statutaires prévues par les textes de l’UNJCI n’auraient pas été respectées.

Selon ses membres, le candidat aurait obtenu de manière irrégulière deux des trois cartes de membre requises pour prétendre à la présidence du Conseil exécutif. La réglementation interne impose en effet la détention de trois cartes spécifiques pour valider une candidature.

Autre point soulevé : la validité de la carte de journaliste professionnel du candidat. Le collectif estime que certaines conditions liées à son statut et à sa situation administrative pourraient remettre en cause la conformité de cette carte au regard des textes en vigueur.

Une situation administrative au cœur de la polémique

La controverse s’étend également à la position administrative de Franck Ettien. Celui-ci figure toujours sur la liste du personnel du Conseil régional du Gbôklé, selon les éléments présentés par le collectif.

Or, le candidat aurait déclaré avoir démissionné de son poste de Directeur de cabinet. Cette fonction, jugée incompatible avec certaines exigences statutaires liées à la carte professionnelle et à la candidature à la présidence du Conseil exécutif, constitue un point central du litige.

Des preuves matérielles auraient été produites lors d’une rencontre au cabinet du ministre de la Communication. Elles montreraient que le nom du candidat apparaît toujours officiellement dans les effectifs du Conseil régional du Gbôklé.

Pour le collectif, ces éléments justifient pleinement la saisine de la justice, afin de garantir le respect strict des textes fondateurs de l’organisation.

« Préserver l’intégrité de l’UNJCI »

Les initiateurs de la procédure affirment que leur démarche ne vise pas un individu en particulier, mais s’inscrit dans une logique de défense institutionnelle.

Selon eux, la crédibilité de l’UNJCI repose sur l’application rigoureuse de ses statuts et règlements intérieurs. Toute entorse, estiment-ils, pourrait fragiliser la légitimité du futur Conseil exécutif et créer un précédent dangereux pour l’organisation.

Le collectif a d’ailleurs annoncé envisager la saisine de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance afin de diligenter un audit du Conseil régional du Gbôklé. L’objectif affiché est de faire toute la lumière sur la situation administrative dénoncée et d’assurer la transparence du processus.

Un test pour la gouvernance interne

Ce contentieux intervient dans un contexte où la question de la gouvernance et du respect des règles occupe une place centrale au sein de la profession journalistique.

Le congrès de l’UNJCI ne constitue pas seulement un rendez-vous électoral. Il détermine l’orientation stratégique de l’organisation et le leadership appelé à défendre les intérêts des journalistes ivoiriens face aux défis du secteur : indépendance, régulation, formation et conditions de travail.

Un report du congrès, s’il venait à être acté, pourrait alimenter les tensions internes et prolonger l’incertitude autour de la transition à la tête de l’organisation.

Une échéance sous surveillance

À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue. Mais l’assignation introduit une variable juridique qui pourrait modifier le calendrier initial.

Entre respect des textes, exigences de transparence et stabilité institutionnelle, l’UNJCI se trouve à un moment charnière de son histoire récente. Le 12e congrès, censé incarner le renouvellement démocratique, devient ainsi un test de maturité institutionnelle pour l’organisation.

Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si le scrutin pourra se tenir aux dates prévues ou s’il devra être reprogrammé, dans l’attente d’un arbitrage judiciaire.

Ljp

Équipe LeJourPile