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Le Cameroun et la Guinée équatoriale signent un accord d’unitisation pour exploiter conjointement les gisements de Yoyo-Yolanda, contenant 2,5 billions de pieds cubes de gaz naturel, renforçant la sécurité énergétique et la croissance régionale. Cette étape marque un tournant pour la monétisation du gaz dans le golfe de Guinée.
Après des années de négociations, le Cameroun et la Guinée équatoriale ont officialisé le 3 février 20é-, un accord d’unitisation pour les gisements gaziers transfrontaliers de Yoyo-Yolanda, une avancée décisive pour la région du golfe de Guinée. Les deux pays entendent ainsi accélérer la monétisation de 2,5 billions de pieds cubes de réserves stratégiques, intégrées au Gas Mega Hub (GMH) de la Guinée équatoriale.
Pour la Chambre africaine de l’énergie (AEC), cet accord envoie un signal clair aux investisseurs : le Cameroun et la Guinée équatoriale passent de la négociation à l’exécution, avec l’urgence et la coordination nécessaires pour libérer le potentiel économique du projet. La Chambre a souligné l’importance de rationaliser les procédures d’approbation et de déployer rapidement les infrastructures existantes afin de préserver la confiance des investisseurs.
Les opérateurs Noble Energy Cameroon et Noble Energy Equatorial Guinea, filiales de Chevron, ont réaffirmé leur engagement total. Jim Swartz, PDG de Chevron Nigeria et de la région Afrique centrale, a rappelé que le projet est au cœur de la stratégie de Chevron pour sécuriser l’approvisionnement en GNL et optimiser les infrastructures existantes à Alen et Punta Europa.
Une dynamique régionale pour le GMH
Pour la Guinée équatoriale, Yoyo-Yolanda constitue la pierre angulaire du GMH, visant à transformer le pays en hub régional pour le traitement et l’exportation du gaz. La participation accrue de GEPetrol dans le projet Aseng et les accords avec Panoro Energy et Africa Oil Corporation illustrent la volonté de commercialiser les réserves nationales et d’assurer un approvisionnement stable pour le complexe GNL de Punta Europa.
Au Cameroun, le projet soutient les ambitions d’accès universel à l’énergie d’ici 2035, en élargissant l’offre de GPL, de biogaz et d’électricité tout en générant des recettes d’exportation et des retombées socio-économiques. L’unification de Yoyo-Yolanda ouvre également la voie à de nouvelles explorations dans le golfe de Guinée, renforçant l’attractivité de la région pour les investisseurs.
Accélérer l’exécution pour sécuriser les investissements
Avec la signature de l’accord, l’accent est désormais mis sur l’exécution. Les gouvernements doivent accélérer les décisions finales d’investissement, les procédures transfrontalières et la mise en œuvre des infrastructures pour tirer pleinement parti des ressources gazières avant que la dynamique mondiale du marché n’évolue. L’utilisation des installations existantes, comme Punta Europa, permettra de réduire les coûts et d’accélérer la mise sur le marché du gaz, envoyant un signal fort aux investisseurs que la région est désormais prête pour le développement et le commerce.
NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC, a souligné : « Il reste peu de temps pour monétiser les ressources gazières africaines. Les gouvernements doivent éliminer les formalités, accélérer l’exécution et tirer parti des infrastructures existantes pour maintenir la confiance des investisseurs. »
Le projet Yoyo-Yolanda marque ainsi un nouveau chapitre pour le golfe de Guinée, transformant des réserves longtemps inexploitées en catalyseur de croissance économique, de sécurité énergétique et d’intégration régionale.
LeJourPile avec APO Group pour African Energy Chamber.
