• sam. Mar 7th, 2026

Accident mortel au Banco : le gouvernement sort du silence et annonce des mesures d’urgence

ByÉquipe LeJourPile

Juin 2, 2025

👁 4,226 vues

Le mardi 27 mai 2025 restera gravé comme un jour noir pour les usagers de la route à Abidjan. Un terrible accident survenu à la hauteur de la rivière du Banco a fauché la vie de 4 personnes et fait 20 blessés. Ce drame, fruit d’un nouveau carambolage impliquant un poids lourd, remet une fois encore sur la table la question de la sécurité routière en Côte d’Ivoire.

Face à l’émoi national et à l’indignation croissante, le ministre des Transports, Amadou Koné, s’est rapidement rendu sur place. Il a promis des réponses claires. Ce samedi 31 mai, les premiers éléments de l’enquête confiée au Bureau Enquête Analyse Accident (BEA) ont été rendus publics lors d’une conférence de presse tenue au Plateau.

Un enchaînement fatal dû à un camion-remorque

Le tableau dressé par les autorités est glaçant : un camion-remorque de marque MAN, chargé de manganèse, est entré en collision avec une dizaine de véhicules, avant de venir percuter de plein fouet un VTC de type Suzuki Dzire. Bilan : cinq passagers à bord, dont un seul a survécu après avoir été éjecté in extremis du véhicule.

Le conducteur, âgé de 30 ans, disposait de tous ses papiers en règle. Parti de Korhogo le 25 mai, il avait fait deux escales avant d’atteindre Abidjan le matin du drame. Il a été immédiatement placé en garde à vue. L’ensemble des données du trajet, enregistrées via le système de transport intelligent (STI), est désormais entre les mains des enquêteurs.

Des décisions fortes… mais tardives ?

Face à la colère d’une population lassée de compter ses morts sur les routes, le ministère des Transports a annoncé une batterie de mesures censées endiguer l’hécatombe :

  • Renforcement immédiat des contrôles routiers, notamment sur le très fréquenté axe Yopougon-Adjamé.

  • Application stricte de l’interdiction de circulation des poids lourds aux heures de pointe (6h–9h et 17h–21h).

  • Possibilité d’interdire la circulation des camions durant toute la nuit, une décision qui exigerait toutefois une réorganisation profonde de la logistique nationale.

  • Obligation pour les camions de circuler exclusivement sur la voie de droite, sur tout le territoire du district d’Abidjan.

  • Mise en place d’un système de veille et de surveillance renforcée sur les zones à fort risque, à commencer par la voie express Yopougon-Adjamé.

Une sécurité routière encore trop fragile

Si ces annonces vont dans le bon sens, elles soulèvent aussi des interrogations : pourquoi attendre un drame aussi grave pour agir ? Combien d’autres accidents auraient pu être évités avec des mesures plus strictes, appliquées depuis longtemps ?

La Côte d’Ivoire paie chaque année un lourd tribut aux accidents de la route. Et tant que les règles resteront théoriques, tant que les contrôles resteront sporadiques, tant que les sanctions ne seront pas appliquées avec rigueur, les routes continueront d’être des pièges mortels.

Le temps n’est plus aux promesses. Il est à l’action. Le pays attend des actes forts, durables, et une volonté politique inébranlable pour que plus jamais, une famille ne soit brisée par une négligence évitable.

Loba Perez avec Sercom