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Mine: Le Niger nationalise une deuxième entreprise minière en moins de deux mois

ByÉquipe LeJourPile

Août 9, 2025

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Le gouvernement nigérien a pris la décision de nationaliser la Société des Mines du Liptako (SML) SA, marquant ainsi sa deuxième opération de nationalisation minière en l’espace de deux mois. Cette mesure fait suite à l’incapacité de l’actionnaire majoritaire, McKinel Resources Limited, à respecter ses engagements financiers.

Le président de la République a signé une ordonnance transférant la gestion de la SML à l’État, après que McKinel Resources, qui détient 80 % des parts depuis mai 2019 via la Société de Patrimoine des Mines du Niger (SOPAMIN), n’ait pas injecté les 10 millions de dollars promis dans les trois mois suivant la prise de contrôle.

Six ans après cette cession, l’entreprise souffre de graves difficultés : absence de plan d’investissement, accumulation d’arriérés fiscaux et de salaires, endettement important, arrêts répétés de la production, chômage technique et licenciements touchant plus de la moitié du personnel, non-paiement des salaires et manquements aux obligations sociales.

Malgré les facilités offertes par l’État, la situation ne s’est pas améliorée. La nationalisation vise à préserver cette société stratégique et à assurer que les ressources minières profitent pleinement au Niger.

Cette décision intervient deux mois après la nationalisation de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAIR SA), filiale d’Orano, adoptée en juin 2025. Le gouvernement accuse ce groupe français de comportements « irresponsables, illégaux et déloyaux » depuis le coup d’État de juillet 2023, citant notamment le rapatriement non annoncé de personnels français, des tentatives d’arrêt de production, et la résiliation unilatérale de licences.

Créée en 1968, SOMAIR exploite l’uranium depuis 1971 dans la région d’Agadez. Orano détenait 63,40 % des parts, contre 36,60 % pour SOPAMIN. Le gouvernement nigérien dénonce un partage inéquitable des revenus, Orano prélevant plus de 86 % de la production commercialisée contre moins de 10 % pour SOPAMIN, en contradiction avec les accords en vigueur.

En réaction, Orano a saisi en janvier 2025 le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), après avoir perdu le contrôle opérationnel de SOMAIR.

La nationalisation prévoit le transfert intégral des actifs à l’État nigérien, avec indemnisation des actionnaires selon les procédures légales. Le conseil d’administration de SOMAIR a été dissous, la gestion provisoire étant assurée par la direction générale.

Ces nationalisations s’inscrivent dans la nouvelle orientation de souveraineté économique adoptée par le Niger après le coup d’État de juillet 2023, qui s’est notamment traduit par la rupture des accords militaires avec la France et l’adhésion à l’Alliance des États du Sahel (AES).