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Le gouvernement burkinabè a annoncé, jeudi 20 novembre 2025, la nationalisation de la SN-CITEC, une décision à forte portée économique qui intervient après le retrait de l’actionnaire majoritaire, détenteur de 53 % des parts.
Pour les autorités, ce rachat constitue un levier essentiel dans la stratégie nationale de souveraineté industrielle engagée depuis 2023.
Le ministre de l’Industrie, Serge Poda, précise que cette démarche répond à la volonté de l’État de reprendre le contrôle d’actifs industriels jugés stratégiques pour la transformation locale. « Le gouvernement a exprimé sa volonté de racheter les parts de l’actionnaire majoritaire afin de préserver un secteur clé de l’économie. Face à l’impasse des négociations, la nationalisation s’est imposée », a-t-il déclaré.
Une industrie stratégique pour la valeur ajoutée locale
La SN-CITEC, filiale du groupe GEOCOTON, occupe une position centrale dans la filière des oléagineux, notamment grâce à la transformation de la graine de coton.
Son activité génère une forte valeur ajoutée locale, essentielle dans un pays où la filière coton reste l’un des principaux moteurs économiques. L’entreprise produit également :
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de l’huile alimentaire,
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des tourteaux et aliments pour bétail,
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du savon de ménage, fabriqué en partie à partir de matières premières régionales.
Ces produits structurent non seulement la chaîne de valeur agricole, mais contribuent aussi à réduire la dépendance aux importations et à soutenir l’intégration industrielle.
Une décision qui s’inscrit dans une dynamique régionale et mondiale
La reprise en main de la SN-CITEC intervient dans un contexte international marqué par un retour en force du rôle économique de l’État, notamment dans les secteurs agro-industriels jugés vulnérables ou stratégiques. Pour le Burkina Faso, cette nationalisation vise également à renforcer la résilience de son industrie agroalimentaire, confrontée à la volatilité des marchés mondiaux et aux tensions logistiques.
La mesure s’inscrit dans une politique plus globale de montée en gamme de l’industrie burkinabè, visant à transformer localement les matières premières et à capturer une part plus importante de la richesse créée.
Loba Perez
