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La crise qui secoue la filière cacao en Côte d’Ivoire prend une tournure « alarmante ». Face à une situation jugée « critique », le Réseau ivoirien du commerce équitable (RICE), tire la sonnette d’alarme et appelle à des mesures immédiates pour éviter un effondrement aux conséquences potentiellement dévastatrices.
Un équilibre sur le point de rompre
Au cœur de la crise, une équation simple mais explosive : un prix garanti de 2 800 FCFA/kg sur lequel les producteurs ont tout misé, face à une chute annoncée jusqu’à 1 200 FCFA/kg. Pour Maizan Kobena Paul, secrétaire général du RICE, toucher à ce prix reviendrait à briser l’équilibre économique de milliers de familles rurales. Pour lui, derrière ces chiffres, ce sont des vies entières organisées autour de ce revenu qui vacillent.
Des stocks bloqués, une filière asphyxiée
Des milliers de tonnes de cacao restent aujourd’hui invendues, coincées dans les entrepôts, alors même que la petite saison a déjà démarré. Résultat : une crise de liquidité brutale.
Les coopératives, qui ont préfinancé les achats à prix élevé, se retrouvent piégées. Certaines pourraient perdre jusqu’à 1,6 milliard de FCFA pour 1 000 tonnes. Une situation intenable qui menace leur survie à court terme.
Une onde de choc pour toute l’économie
Ce qui se joue dépasse largement la filière. Le cacao est un pilier de l’économie ivoirienne. Si les producteurs chutent, c’est tout un système qui vacille : emploi rural, stabilité sociale, recettes d’exportation.
Le risque ? Une perte de confiance des marchés internationaux et une fragilisation du leadership mondial de la Côte d’Ivoire dans le cacao.
Appel à une mobilisation générale
Face à l’urgence, le RICE appelle à une réaction rapide et coordonnée : État, régulateurs, acheteurs et partenaires doivent agir ensemble. Parmi les priorités : maintenir le prix garanti, évacuer les stocks et instaurer un suivi transparent.
Mais au-delà des mesures techniques, c’est une véritable mobilisation nationale qui est attendue.
Un modèle à sauver
Avec plus de 70 000 producteurs représentés, le RICE n’est pas qu’un acteur économique : c’est un pilier social. Éducation, structuration des coopératives, développement local… toute une dynamique est aujourd’hui menacée. Comme le rappelle Bley Fortin, protéger les producteurs, c’est protéger l’avenir du pays.
Une urgence absolue
Selon lui, le message est clair : sans action rapide, la crise actuelle pourrait se transformer en choc durable pour toute la Côte d’Ivoire. Et cette fois, dit-il, ce ne sont pas seulement les prix du cacao qui sont en jeu, mais l’équilibre de toute une nation.
Loba Perez
