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Élevage et souveraineté alimentaire en Côte d’Ivoire : l’Assemblée adopte une loi clé sur l’amélioration génétique animale

ByÉquipe LeJourPile

Avr 16, 2026

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Un pas décisif vient d’être franchi pour le secteur de l’élevage en Côte d’Ivoire. Les députés de la commission des affaires économiques et financières (CAEF) ont adopté à l’unanimité, le mardi 14 avril 2026 à Abidjan, un projet de loi relatif à la réglementation de l’amélioration génétique animale.

Présentant le texte devant les parlementaires, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a dressé un constat sans détour : malgré les politiques et investissements engagés, la production nationale reste largement insuffisante pour couvrir les besoins en protéines animales et halieutiques.

Selon les chiffres avancés, la filière bétail produit environ 60 000 tonnes de viandes et abats par an, soit près de 60 % des besoins nationaux. Pour le poisson, la situation est encore plus marquée : en 2023, la demande a atteint plus de 726 000 tonnes, contre seulement environ 110 000 tonnes de production locale, couvrant à peine 15 % des besoins.

Ce déséquilibre structurel entraîne un recours massif aux importations de viandes, poissons, lait et produits dérivés, représentant une sortie de devises estimée à plus de 400 milliards de FCFA par an. Une dépendance que le gouvernement entend réduire progressivement.

Le projet de loi met également en lumière une faiblesse majeure : la faible performance génétique des races locales, qui limite la productivité du cheptel. Il souligne par ailleurs que certaines opérations d’amélioration génétique sont actuellement menées par des acteurs étrangers dans les pays voisins, sans véritable encadrement réglementaire.

Pour inverser cette tendance, l’État a déjà adopté en janvier 2022 la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022–2026), qui vise notamment à améliorer la productivité des élevages, développer des modèles intensifiés et préserver la diversité des ressources animales locales.

Le nouveau cadre légal adopté par la CAEF vient donc compléter cette stratégie. Il vise à encadrer, sécuriser et organiser l’utilisation du matériel génétique animal, tout en protégeant les acteurs nationaux et les investissements dans ce secteur stratégique.

À travers cette réforme, les autorités ivoiriennes entendent poser les bases d’une meilleure autosuffisance en protéines animales et halieutiques, dans un contexte où la souveraineté alimentaire devient un enjeu économique et stratégique majeur pour le pays.

Ljp