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L’émotion était palpable, ce vendredi 24 avril 2026, à l’École Ivoirienne pour les Sourds (ECIS) de Yopougon, où solidarité, inclusion et engagement institutionnel se sont conjugués autour d’un geste fort en faveur de l’éducation spécialisée. En présence de Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, la communauté éducative a réceptionné les clés d’un nouveau bâtiment composé de deux salles de classe, d’un bureau administratif, d’équipements professionnels et de vivres, pour un investissement global estimé à 45 millions de FCFA.
Porté par l’Association des Créateurs de Mode de Côte d’Ivoire (ACM-CI), avec l’appui décisif de la Fondation Petroci, ce projet marque l’aboutissement de cinq années de mobilisation au service d’enfants en situation de handicap auditif.
Françoise Remarck, une présence forte au nom d’une Côte d’Ivoire solidaire
Par sa présence remarquée aux côtés d’Adama Kamara, ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Françoise Remarck a donné à cette cérémonie une portée symbolique majeure. Celle soulignant l’importance de la culture et de la solidarité dans la construction d’une société inclusive. A travers sa figure institutionnelle de premier plan, l’événement aura illustré comment culture, entrepreneuriat créatif et action sociale peuvent converger pour redonner dignité, outils et espoir à une jeunesse souvent marginalisée.
La ministre s’est dite fière de voir les créateurs ivoiriens dépasser le cadre artistique pour devenir des acteurs sociaux de premier plan.
« Je suis fière de voir ces artistes faire rayonner la Côte d’Ivoire, par leurs créations et les bonnes actions qu’ils posent en faveur des populations vulnérables », a-t-elle déclaré, inscrivant cette initiative dans la vision du président Alassane Ouattara d’« une Côte d’Ivoire solidaire, inclusive et tournée vers les plus vulnérables ».
Françoise Remarck a également rappelé que le secteur culturel, souvent perçu sous son angle créatif, constitue aussi un puissant levier d’insertion économique, notamment pour la jeunesse.
De kits scolaires à un “jackpot” éducatif : cinq ans de combat de l’ACM-CI
À l’origine, l’Association des Créateurs de Mode de Côte d’Ivoire avait été sollicitée pour des kits scolaires et des actions de parrainage. Mais face à la réalité du terrain — insuffisance de salles de classe et besoins structurels criants — l’ambition a changé d’échelle.
Sa présidente, Nadia Druide, a retracé avec émotion cette évolution :
« Nous avons entendu des cris de cœur de personnes qui n’entendent pas. Ces jeunes filles et garçons nous ont présenté leurs mains, leurs bras, leurs cœurs, leur intelligence dans les meurtrissures du silence. » Touchée par leur volonté d’insertion totale dans la société, l’ACM-CI a décidé de transformer une demande ponctuelle en projet structurant.
Le résultat : deux salles de classe modernes, dont l’une équipée de dix machines à coudre, une salle pour les professeurs, un bureau administratif et des vivres destinés au bien-être quotidien des pensionnaires.
Fondation Petroci : un engagement concret pour l’égalité des chances
Pour Virginie Aya Touré, Directrice de la Fondation Petroci, cette remise dépasse largement le cadre d’une simple inauguration.
« Cette cérémonie n’est pas seulement l’inauguration d’une infrastructure, mais le symbole d’un engagement fort en faveur de l’inclusion, de l’égalité des chances et du respect de la dignité humaine. »
Elle a insisté sur une conviction forte : le handicap ne saurait être perçu comme une limite à l’intelligence, au talent ou à l’avenir. En soutenant ce projet, la Fondation Petroci confirme sa volonté de s’investir durablement dans des actions sociales à fort impact.
Adama Kamara : “À vous les enfants, moi c’est vous”
Parrain de la cérémonie, Adama Kamara a salué avec chaleur l’élan collectif ayant permis cette réalisation, rendant hommage aux créateurs de mode engagés.
« Chaque fois qu’on vient vous donner du sourire, je suis heureux », a-t-il lancé aux élèves, dans une adresse particulièrement émotive. Il a également exhorté l’administration à préserver cette infrastructure afin d’encourager d’autres initiatives similaires.
L’ECIS : former malgré le silence, bâtir malgré les obstacles
L’ECIS, qui forme ses pensionnaires dans plusieurs métiers pratiques tels que la couture, la cordonnerie et la pâtisserie, voit dans cette infrastructure une avancée majeure.
Son directeur, Dieudonné Okou, n’a pas caché sa reconnaissance : « Nous avons demandé quelque chose, et nous avons gagné le jackpot. » Pour lui, cette réalisation vient renforcer l’engagement de toute la communauté éducative sur la voie de l’excellence.
Un symbole national
Au-delà de la remise des clés, cette cérémonie à Yopougon envoie un message fort : l’inclusion n’est pas un slogan, mais une responsabilité collective. À l’ECIS, ce vendredi, il ne s’agissait pas seulement d’ouvrir un bâtiment. Il s’agissait d’ouvrir davantage de possibilités.
Loba Perez
