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La filière cacao ivoirienne traverse une nouvelle zone de turbulences. Avec un prix bord champ ramené à 1 200 FCFA le kilogramme pour la campagne principale 2026-2027, contre 2 800 FCFA lors de la précédente campagne, les producteurs doivent encaisser un choc considérable. Si les autorités invoquent la baisse des cours internationaux, sept organisations professionnelles agricoles dénoncent, elles, une situation d’« asphyxie » et réclament des mesures urgentes. Derrière la polémique sur le prix se profile une question plus profonde : qui doit supporter le coût de la crise du cacao et comment préserver les revenus de ceux qui en constituent le premier maillon ?
La déclaration des sept organisations professionnelles agricoles le mercredi 3 septembre à Abidjan, traduit surtout un profond malaise dans la filière cacao ivoirienne. Au-delà du nouveau prix de 1 200 FCFA/kg, c’est la brutalité de la baisse qui inquiète : le tarif passe de 2 800 à 1 200 FCFA le kilogramme, soit une diminution de 1 600 FCFA, équivalant à environ 57 %.
Pour les producteurs, le problème ne se limite toutefois pas au niveau du prix. Les organisations mettent en avant une autre difficulté majeure : des stocks issus de la campagne précédente seraient encore détenus par certains producteurs. Si ces chiffres sont confirmés, ces stocks représentent à la fois du capital immobilisé et une perte potentielle de revenus pour les planteurs.
La déclaration pose également la question de la gestion des mécanismes de stabilisation de la filière. Les syndicats évoquent notamment les 100 000 tonnes subventionnées par l’État et un écart de plus de 7 000 tonnes qu’ils demandent à clarifier. Ces accusations appellent évidemment des explications précises du Conseil Café-Cacao et des autorités compétentes afin d’établir les chiffres et les responsabilités.
Le gouvernement, de son côté, justifie principalement la baisse par le repli des cours internationaux du cacao. Cela rappelle la forte dépendance du revenu des producteurs ivoiriens aux fluctuations du marché mondial.
Le véritable enjeu est donc désormais de savoir comment amortir le choc pour les producteurs sans fragiliser davantage la filière. La proposition d’une subvention directe, d’un mécanisme de concertation État-secteur privé et d’une évacuation rapide des stocks pourrait constituer une piste de sortie.
La déclaration des sept organisations apparaît ainsi moins comme une simple contestation du prix que comme un appel à revoir en urgence le dispositif de protection du revenu des producteurs.
Loba Christo
