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Crise à la frontière Mali-Guinée : des milliers de personnes fuient les sites aurifères de Siguiri, plusieurs morts signalés

ByÉquipe LeJourPile

Nov 6, 2026

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L’arrivée massive de travailleurs étrangers à Kouremalé, dans l’ouest du Mali, après les opérations contre l’orpaillage irrégulier en Guinée, met les structures locales sous pression. Une centaine de malades et de blessés sont pris en charge, tandis que deux bilans distincts font état de quatre et neuf décès. Le Burkina Faso prépare le retour de ses ressortissants.

La frontière entre le Mali et la Guinée fait face à une situation humanitaire préoccupante. À Kouremalé, localité de la commune rurale de Benkadi, dans le cercle de Kangaba, des milliers de personnes ont trouvé refuge après avoir quitté les sites aurifères de Siguiri, en Guinée, à la suite d’opérations engagées contre l’exploitation illégale de l’or.

D’après l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), qui a rapporté ces informations jeudi 5 novembre 2026, le Centre de santé communautaire (CSCOM) de Kouremalé a enregistré quatre décès parmi les personnes arrivées dans la localité. La structure accueille également environ une centaine de patients, dont plusieurs blessés par balle.

Le premier conseiller de l’ambassade du Burkina Faso au Mali, Ramdé Antoine, a avancé un bilan de neuf morts. La différence entre les deux chiffres n’a pas encore été expliquée. Il reste notamment à déterminer s’ils couvrent le même territoire et la même période.

Des déplacements massifs après les opérations à Siguiri

Les départs font suite aux interventions des forces guinéennes contre l’orpaillage irrégulier dans la région de Siguiri, proche de la frontière malienne.

Le maire de Benkadi, Mamby Keïta, a évoqué des interventions accompagnées de tirs et de départs forcés, qui auraient entraîné l’arrivée de milliers de travailleurs étrangers à Kouremalé. Les circonstances exactes des décès et des blessures signalés ne sont toutefois pas encore établies.

Face à cette situation, les autorités maliennes ont organisé, mercredi 4 novembre, une réunion d’évaluation à Kouremalé. La rencontre, présidée par le sous-préfet de Naréna, Abdourahmane Soumaguel Maïga, représentant le préfet du cercle de Kangaba, a mobilisé les services administratifs, sanitaires, sécuritaires et de secours, ainsi que les représentants des transporteurs.

Une délégation de l’ambassade du Burkina Faso, conduite par Ramdé Antoine, a également participé aux échanges pour évaluer les conditions de prise en charge de ses ressortissants.

Le Mali apporte un soutien aux personnes accueillies

Au cours de cette réunion, le représentant des autorités maliennes a remis une assistance financière à la délégation burkinabè pour contribuer aux soins des malades. Aucun montant n’a été communiqué.

Le diplomate burkinabè a salué la mobilisation des autorités locales et des forces de sécurité, notamment pour le regroupement des personnes concernées et l’organisation de leur déplacement vers d’autres localités.

Plusieurs centaines de voyageurs ont déjà quitté Kouremalé pour d’autres destinations dans le cercle de Kangaba. Les opérations d’assistance et d’orientation se poursuivent dans cette zone frontalière.

Une centaine de bus mobilisés pour les Burkinabè

À Bamako, la question du retour des ressortissants burkinabè a été au centre d’une rencontre tenue le mercredi 4 novembre entre une délégation gouvernementale de Ouagadougou et les autorités maliennes.

Conduite par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, et accompagnée de la ministre de la Famille et de la Solidarité, Passowendé Pélagie Kaboré, la délégation burkinabè a été reçue par le ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile, Daoud Aly Mohammedine.

Les discussions ont porté sur les conditions d’accueil des ressortissants concernés et l’organisation de leur rapatriement. Mahamadou Sana a annoncé la mobilisation d’une centaine de bus, dont cinquante étaient déjà présents au Mali au moment de sa déclaration.

Le responsable burkinabè a également affirmé que son gouvernement n’avait pas été préalablement informé des opérations menées en Guinée. Il a exprimé ses inquiétudes sur les conditions de départ de certains compatriotes des zones aurifères.

Les deux pays ont convenu de faciliter le retour organisé des personnes concernées. Des sites d’accueil ont été identifiés au Burkina Faso avant leur réinstallation dans leurs familles.

Un bilan encore incertain

Les autorités guinéennes présentent les opérations à Siguiri comme des mesures de lutte contre l’exploitation illégale de l’or et de renforcement des contrôles administratifs sur les sites miniers.

Mais leur déroulement a été suivi de mouvements de population vers le Mali, où les structures sanitaires et les autorités locales sont désormais confrontées à des besoins d’assistance.

Le nombre total de personnes ayant franchi la frontière n’est pas encore connu avec précision. Le bilan humain reste lui aussi à consolider, notamment en ce qui concerne les décès et les blessures rapportés à Kouremalé.

Ljp