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Le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’guessan, s’oppose à une éventuelle candidature du chef de l’État à la présidentielle de 2025. Estimant que le respect e la constitution impose au pouvoir le temps d’un au revoir, tout comme la sagesse appelle à ne pas s’obstiner quand son temps est passé. L’ancien compagnon de Laurent Gbagbo a fait cette déclaration lors de son discours de fin d’année 2024, au cours duquel il a également évoqué plusieurs sujets, dont la souffrance des populations. Ce, à l’image de nombreuses autres figures politiques.
Ci-dessous, l’ intégralité du discours du président du FPI
L’année 2024 s’achève ; elle a commencé dans l’allégresse avec la victoire héroïque de notre équipe nationale de football à la Coupe d’Afrique des nations démontrant ainsi qu’unie, la Côte d’Ivoire est capable de relever tous les défis. Mais 2024 a été aussi une année d’épreuves et de tristesse. Elle a montré nos limites, nos fragilités nos défaillances. Aussi pour une grande majorité d’entre vous, 2024 n’a pas été facile. Je connais le chagrin des familles endeuillée par les nombreuses disparitions de parents, amis et connaissances. Je partage votre chagrin. Je connais la détresse des mamans de Côte d’Ivoire face à la hausse des prix des denrées de base qui rendent la vie quotidienne chaque jour plus difficile. Je partage votre détresse.
Je connais la souffrance des déguerpis face à la morgue de ceux qui détruisent en un instant leur quotidien précaire sans se soucier de l’élémentaire respectueux à chaque être humain. Je partage votre souffrance.
Je connais la colère juste des planteurs, celle des enseignants aussi face au mépris de ceux qui balaient d’un revers de la main, leurs revendications légitimes. Je partage votre colère. Je connais le dégoût des honnêtes citoyens face à l’affichage indécent de fortunes acquises à cette corruption devenue chez nous, un sport national face aussi à la honteuse réputation de notre pays, devenu une plaque tournante du trafic de drogue du blanchiment d’argent sale et du crime organisé. Je partage votre dégoût.
Une nouvelle année s’ouvre à nous. Elle sera rythmée par une élection présidentielle décisive. Je forme le vœu que 2025 soit l’année du changement, l’année de cette rupture tranquille et résolue dont notre cher pays a impérativement besoin, l’année d’une nouvelle espérance. Cette élection présidentielle doit être, un affrontement à la loyale. Projet contre bilan. Elle doit refonder l’espérance d’une démocratie ivoirienne, paisible et joyeuse. Elle ne doit pas être une farce. Elle ne doit pas davantage être une peur. Elle doit être une fête.
Comme notre avenir concerne chaque ivoirienne et chaque ivoirien, chacun doit pouvoir se déterminer, toutes les conditions d’une élection juste et transparente doivent être réunies. Le code électoral doit être reformé. L’indépendance de la commission électorale doit être garantie. La liste électorale doit d’évidence être ouverte et consolidée.
Je devine la tentation de la fuite en avant du chef de l’État et de ses partisans. Face à l’exigence d’un nécessaire dialogue politique, ils privilégient le dilatoire et observe un mutisme. Je les appelle à la sagesse. La sagesse c’est aussi pour le chef de l’État se rappeler que la Constitution, la raison et ses propres engagements lui imposent en 2025 de dire au revoir au pouvoir. Je lui demande de nous épargner de nouvelles tensions politiques de nous éviter de nouvelles souffrances je l’appelle solennellement à la sagesse.
La sagesse passe par le respect de nos institutions. La sagesse c’est savoir poser des arbres de cohésion de fraternité et d’unité la sagesse. C’est ne pas s’obstiner quand son temps est passé. La sagesse, c’est de ne pas faire semblant de croire qu’il suffirait d’affubler la constitution de nouveaux chiffres pour s’assurer une présidence à vie en 2025. Nous saurons, si nécessaire, rappeler que ces temps sont révolus. Nous saurons si nécessaire marteler que le pouvoir n’est pas la propriété d’une personne et d’un clan qui seraient en droit de le confisquer en interprétant la Constitution au gré de leurs intérêts adossés à la violence d’État.
Les défis qui nous attendent sont considérables mais je crois à la force de la volonté. Je forme le pour notre pays qu’ensemble en 2025, nous soyons tous artisans de paix, que nous écrivions un nouveau chapitre de l’histoire de la Côte d’Ivoire fondée sur une nouvelle espérance, une nation unie réconciliée avec elle-même avec la paix, la stabilité et la sécurité. L’espérance d’un État moderne, produit authentique de notre personnalité, de notre histoire, de nos cultures et traditions. L’espérance d’une économie dont le dynamisme et la vitalité sont d’abord le fruit du travail et des initiatives, des Ivoiriennes et des Ivoiriens l’espérance d’un pays, de la qualité humaine et de la modernité sociale, dans lequel l’homme est la mesure de toute chose. L’espérance de redonner à notre pays, son rayonnement, son prestige et sa fierté.
Cette nouvelle espérance, vous pouvez compter sur moi pour la défendre avec toute ma détermination, toute la force de mes convictions. En 2025, vous pouvez compter sur moi et je sais pouvoir compter sur vous.
À chacune et à chacun d’entre vous, je souhaite une très belle et très heureuse nouvelle année.
Affi N’guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI)
