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La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a appelé le mardi 9 juin 2026, au développement d’une intelligence artificielle capable de renforcer la visibilité, la diffusion et la valorisation des contenus culturels francophones dans l’univers numérique mondial.
Intervenant par visioconférence depuis Abidjan lors d’une conversation francophone organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sur le thème « L’Intelligence artificielle au service de la découvrabilité des contenus francophones », la ministre ivoirienne a présenté la stratégie nationale de la Côte d’Ivoire comme une réponse aux défis de la souveraineté culturelle à l’ère du numérique.
Pour Françoise Remarck, l’enjeu ne se limite plus à la simple production de contenus culturels. Il s’agit désormais de garantir leur visibilité auprès des publics, leur référencement sur les plateformes numériques, leur recommandation par les algorithmes et leur capacité à générer des revenus pour les créateurs.
S’appuyant sur la Stratégie nationale de l’Intelligence artificielle à l’horizon 2030, adoptée en 2025, la ministre a défendu la mise en place de solutions technologiques adaptées aux réalités africaines et francophones. Elle a notamment insisté sur le développement de modèles d’intelligence artificielle intégrant les langues locales, l’amélioration de la qualité des données culturelles, la poursuite de la numérisation du patrimoine et la création de plateformes favorisant une meilleure promotion des œuvres francophones.
Françoise Remarck a également rappelé les recommandations issues de la Conférence internationale Abidjan 2, qui appellent à davantage de transparence dans le fonctionnement des algorithmes, à une rémunération plus équitable des créateurs de contenus et à une meilleure prise en compte des langues africaines dans les bases de données utilisées pour entraîner les systèmes d’intelligence artificielle.
Ouvrant les travaux, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a souligné l’importance de préserver la diversité linguistique et culturelle face à l’expansion rapide des technologies numériques. Selon elle, les outils d’intelligence artificielle influencent désormais les contenus visibles, les usages et les imaginaires collectifs, d’où la nécessité de garantir une place plus importante aux contenus francophones et aux langues nationales.
Les participants ont relevé que les contenus francophones demeurent encore largement sous-représentés dans l’écosystème numérique mondial, dominé par l’anglais dans les moteurs de recherche, les plateformes de diffusion et les systèmes d’intelligence artificielle.
Au terme des échanges, les intervenants ont plaidé pour une mobilisation accrue des États, des acteurs culturels et des entreprises technologiques afin de faire de l’intelligence artificielle un outil de promotion de la diversité culturelle et linguistique plutôt qu’un facteur d’uniformisation des contenus.
Loba perez
