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Côte d’Ivoire : GPS formalise la « Mériquité », la doctrine politique portée par Guillaume Soro

ByÉquipe LeJourPile

Août 25, 2026

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Générations et peuples solidaires (GPS) franchit une nouvelle étape dans la définition de son identité politique. Depuis son exil, son leader Guillaume Soro porte une nouvelle doctrine baptisée « Mériquité », présentée par les cadres du mouvement comme une pensée politique destinée à répondre aux réalités contemporaines de l’Afrique.

Cette annonce intervient alors que GPS, dissous par la justice ivoirienne, cherche à préciser son positionnement idéologique. Le mouvement entend désormais se démarquer clairement des grandes familles politiques héritées du XXᵉ siècle.

Ni socialisme, ni capitalisme

Les promoteurs de la Mériquité rejettent les principales étiquettes idéologiques traditionnelles.

« Nous ne sommes pas socialistes. Nous ne sommes pas des capitalistes ultra-libéraux. Nous ne sommes pas des marxistes. Nous ne sommes pas communistes. Nous ne sommes pas des sociaux-démocrates. Nous sommes des Mériquitiens », affirment-ils.

La nouvelle doctrine critique notamment le modèle d’une « bourgeoisie ultra-libérale compradore », accusée de favoriser la captation des richesses nationales au bénéfice d’intérêts étrangers.

Selon ses concepteurs, la Mériquité ne constitue pas une simple formule politique. Elle serait issue d’un travail de réflexion réunissant notamment des spécialistes des sciences politiques et sociales ainsi que des juristes, avec l’ambition de construire une pensée propre, définie « par rapport à nous-mêmes et par rapport aux autres ».

L’individu au cœur du projet

La Mériquité cherche à se distinguer aussi bien du collectivisme que de l’individualisme absolu. Elle place la personne humaine au centre, tout en reconnaissant l’importance de la communauté dans son parcours.

Selon cette conception, aucun individu ne se construit totalement en dehors de son environnement. La famille, la culture, l’histoire et la société participent à son développement et créent une forme de responsabilité collective.

Mais cette appartenance ne doit pas, selon les théoriciens de la doctrine, conduire à confisquer la liberté ou le mérite individuel. La communauté doit plutôt permettre à chacun de progresser et de valoriser ses capacités.

La Mériquité revendique ainsi un équilibre entre solidarité collective et reconnaissance du mérite, avec l’ambition de proposer une « troisième voie » entre les modèles politiques classiques.

Une doctrine encore appelée à être précisée

Ses promoteurs rapprochent la démarche de Guillaume Soro de celles de grands penseurs ayant marqué l’histoire des idéologies politiques, à l’image de John Locke, Karl Marx ou Edmund Burke.

Cette comparaison traduit l’ambition affichée par GPS de faire de la Mériquité une pensée structurée, et non un simple outil de communication politique.

Les prochaines étapes devraient permettre d’en préciser les applications concrètes en matière de gouvernance, d’économie et de développement, afin de transformer cette orientation philosophique en véritable projet politique.

Sonia Coulibaly