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Gabon : un modèle de transition pacifique salué au 39ᵉ Sommet de l’Union africaine

ByÉquipe LeJourPile

Fév 16, 2026

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Réuni du 12 au 14 février 2026 à Addis-Abeba, le 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) a mis en lumière la transition politique gabonaise, désormais présentée comme un modèle continental de sortie de crise. Après la suspension de ses instances à la suite du changement de régime de 2023, le Gabon a su démontrer qu’une transition inclusive et pacifique pouvait ramener un pays à l’ordre constitutionnel tout en consolidant la confiance nationale et internationale.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, élu à l’issue d’un scrutin reconnu par l’UA et observateurs internationaux, a conduit la délégation gabonaise. Dès l’ouverture du sommet, il a été invité à prendre la parole en premier, un geste symbolique marquant la reconnaissance par ses pairs du rôle du Gabon dans la promotion de la stabilité politique en Afrique centrale. « La paix et la concertation entre acteurs institutionnels sont les piliers de tout développement durable. Notre expérience montre qu’une transition bien encadrée est possible », a déclaré le président Oligui Nguema dans son discours inaugural.

Selon des sources diplomatiques consultées par l’Agence de presse gabonaise (APA), la transition gabonaise a été citée comme exemple lors de la réunion conjointe entre le Conseil de paix et de sécurité de l’UA et le Conseil de sécurité des Nations unies. « Plusieurs délégations nous ont approchés pour comprendre les mécanismes que nous avons mis en place », a expliqué Lilly Stella Ngyema Ndong, ambassadrice du Gabon en Éthiopie et représentante permanente auprès de l’UA. Elle a souligné le rôle déterminant de la concertation avec la société civile, des institutions militaires et des organes électoraux indépendants.

Le processus de transition, qui a duré près de deux ans, a été encadré par l’UA et des observateurs internationaux. Il a consisté en la mise en place d’un Comité de suivi, l’organisation de consultations publiques et la tenue d’élections transparentes supervisées par des missions d’observation de l’Union africaine, de la CEEAC et de l’ONU. Ce dispositif a permis de limiter les tensions et de garantir un retour à l’ordre constitutionnel, un enjeu majeur dans une région où les transitions post-coup d’État sont souvent marquées par l’instabilité.

La réintégration officielle du Gabon au sein de l’UA a été saluée par plusieurs chefs d’État africains. La délégation gabonaise a multiplié les rencontres bilatérales, notamment avec les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et du Développement économique. L’objectif était de partager les enseignements du processus gabonais et de renforcer la coopération régionale dans la prévention des crises et le maintien de la paix. « Le Gabon est aujourd’hui un exemple concret que la transition pacifique est possible, même dans des contextes complexes », a déclaré un haut diplomate ouest-africain.

Le sommet a également été l’occasion pour le Gabon de réaffirmer son rôle au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, en mettant l’accent sur la prévention des conflits et la médiation politique. La délégation a présenté des propositions pour la création de mécanismes régionaux de suivi et d’évaluation des transitions, ainsi que pour le renforcement des capacités locales en matière de gouvernance et de sécurité.

Pour la communauté internationale, le succès gabonais constitue une référence tangible pour d’autres pays confrontés à des crises politiques. L’UA, qui avait conditionné la réintégration du Gabon au respect d’un processus inclusif et transparent, voit désormais dans ce pays un partenaire fiable pour la consolidation de la paix en Afrique centrale et sur le continent.

En somme, la participation du Gabon au 39ᵉ Sommet de l’UA illustre la capacité du pays à transformer une période d’instabilité en opportunité diplomatique. En réintégrant le concert africain, en consolidant ses relations bilatérales et en partageant son expérience, le Gabon se positionne comme un acteur clé de la stabilité régionale et un modèle de gouvernance démocratique post-crise.

À travers cette expérience, le Gabon démontre que la réussite d’une transition politique ne se mesure pas seulement à la tenue d’élections, mais aussi à la construction de mécanismes durables de dialogue, d’inclusion et de prévention des crises, qui peuvent servir de référence pour l’ensemble du continent africain.

Ljp

Équipe LeJourPile