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L’étau commence à se desserrer autour des femmes enceintes incarcérées après les tensions liées à l’élection présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire. Deux d’entre elles ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire, à l’issue de plusieurs semaines de mobilisation des organisations de défense des droits humains.
À Abidjan, la nouvelle a suscité une vive émotion, notamment au sein de l’opposition. Dans un communiqué publié le 22 avril 2026, la Ligue des femmes du PPA-CI a exprimé sa satisfaction, saluant une décision perçue comme « une victoire de l’humanité sur la rigueur de la loi ».
Sa présidente par intérim, Bessé Dominique, a évoqué « la primauté de l’impératif humanitaire dans l’action judiciaire », insistant sur la nécessité de prendre en compte la vulnérabilité liée à l’état de grossesse des détenues. Leur maintien en détention suscitait, selon elle, de vives inquiétudes.
Ces arrestations remontent au contexte tendu de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, marquée par des restrictions de manifestations et de nombreuses interpellations. D’après Amnesty International, ces événements ont fait 11 morts et plus de 1 600 arrestations. En mars dernier, le PPA-CI évoquait encore 37 femmes proches de l’opposition détenues à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).
La décision judiciaire intervient dans un contexte de pressions accrues, notamment après la publication du rapport annuel d’Amnesty International, qui dresse un tableau critique de la situation des droits humains dans le pays. L’ONG avait déjà dénoncé, en mars, les conditions de détention au pôle pénitentiaire d’Abidjan, évoquant des transferts éprouvants vers le palais de justice sans alimentation adéquate, ainsi que des restrictions sur les visites familiales.
Qualifiant certaines détentions de « sans fondement légal », l’organisation appelait à des libérations immédiates. Pour le PPA-CI, la remise en liberté des deux femmes constitue « un premier pas » vers un climat plus apaisé, leur permettant de retrouver un environnement compatible avec leur état de santé et la dignité liée à la maternité.
Malgré cette avancée, la situation reste incomplète. Une troisième femme enceinte demeure en détention. La Ligue des femmes du PPA-CI lui a exprimé sa solidarité, appelant à la poursuite de cette « dynamique d’apaisement » jusqu’à une issue favorable pour l’ensemble des personnes concernées.
Pour de nombreux observateurs, cette décision pourrait marquer le début d’une décrispation du climat politique ivoirien, six mois après un scrutin présidentiel qui continue de laisser des traces.
