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Yuan chinois : comment Pékin utilise sa monnaie au service de sa puissance industrielle

ByÉquipe LeJourPile

Sep 13, 2026

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La puissance commerciale de la Chine ne repose pas uniquement sur ses usines, ses infrastructures ou ses capacités d’exportation. Elle s’appuie également sur une politique monétaire qui permet à Pékin de préserver sa compétitivité tout en contrôlant étroitement les mouvements de capitaux.

À la date du 12 septembre 2026, le dollar américain s’échange autour de 6,7 yuans. Pour certains partenaires commerciaux de la Chine, notamment les États-Unis, le niveau du renminbi alimente depuis longtemps les accusations de sous-évaluation monétaire. Washington estime qu’un yuan relativement faible contribue à rendre les produits chinois plus compétitifs sur les marchés internationaux.

Mais réduire le modèle chinois au seul taux de change serait insuffisant.

Un renminbi à deux marchés

Il n’existe pas, à proprement parler, deux monnaies chinoises différentes. Le renminbi, dont le yuan est l’unité monétaire, fonctionne principalement sur deux marchés : onshore, à l’intérieur de la Chine, et offshore, notamment à Hong Kong et sur les marchés internationaux.

Cette organisation permet aux autorités chinoises de conserver un contrôle important sur les capitaux domestiques tout en développant progressivement l’usage international du renminbi.

Le dispositif répond à une préoccupation stratégique : ouvrir l’économie au commerce mondial sans abandonner totalement le contrôle des flux financiers.

La monnaie au service de l’industrie

Un renminbi relativement faible peut soutenir les exportations en rendant les produits chinois plus compétitifs en devises étrangères. Mais l’avantage chinois vient surtout de la combinaison entre coûts de production, infrastructures, productivité, économies d’échelle et maîtrise des chaînes d’approvisionnement.

La Chine importe des matières premières et de nombreux composants, les transforme grâce à son appareil industriel, puis exporte des produits à plus forte valeur ajoutée.

Cette logique n’est d’ailleurs pas exclusivement chinoise. Le Japon et la Corée du Sud ont eux aussi bâti une partie de leur puissance industrielle sur l’importation de ressources et leur transformation en produits manufacturés.

La différence est l’échelle atteinte par la Chine.

Le renminbi apparaît ainsi comme l’un des instruments d’une stratégie plus vaste : préserver la compétitivité industrielle, protéger la stabilité financière intérieure et accroître progressivement le poids de la monnaie chinoise dans les échanges mondiaux.

La véritable question n’est donc pas seulement de savoir si le yuan est faible. Elle est de comprendre comment Pékin utilise la monnaie, l’industrie et le commerce comme les différentes pièces d’une même stratégie de puissance.

Loba Christo